lundi 11 juillet 2011

Oh Shi- Man City

Nous voilà maintenant au Vietnam, ce pays fait en longueur bordé par le Pacifique. Le pays de la motocyclette également (parce que s'il y en a beaucoup ailleurs où on est allé, ici ce n'est même pas comparable!). Aussi le pays des phos (soupes-repas) et des fruits de mer. Nous commençons notre périple à Ho Chi Minh, la capitale du Sud (aussi appelée Saigon).

Le soleil est de plomb ici, mais l'environnement est pas piqué des vers! Les villes sont archi-peuplées. Les coins de rues sont ornés de différentes affiches de propagandes peintes dans le style du réalisme-socialiste. Ça fait plutôt anachronique, ces visages d'Ho Chi Minh, ses travailleurs mains dans la mains avec l'armée, ses faucilles, ses marteaux, qui côtoient les boutiques Dolce & Gabbanna, Converse et les stands de Pepsi.

Dans cette ville, on trouve comme principal attrait ses nombreux musées. Nous en avons visité quelques uns, le plus marquant étant le musée des vestiges de la guerre, anciennement appelé musée des atrocités perpétrées par les américains... Ils en ont changé le nom lorsque l'embargo qui empêchait les américains de se rendre au Vietnam fut levé, pour ne pas faire fuir les visiteurs américains. Mais reste que le musée se fait très critique par rapport à l'invasion américaine. Et si l'Occident appelle cette guerre la guerre du Vietnam, eux l'appellent la guerre des américains. Malgré cette vision biaisée et pro-communiste, les faits demeurent. Entre autre, nous pouvions être informés dans ce musée sur les différentes méthodes de torture qu'ont employées les soldats américains et les Vietnamiens du Sud, avec détails et photos à l'appui. Aussi, plusieurs photos super intéressantes prise par des photographes professionnels (dont la plupart sont morts sur place...). Certaines de ces photos faisaient froid dans le dos. Comme la partie sur l'agent orange. Il s'agit du gaz le plus toxique au monde, qu'ont répandu les états-uniens. Et si ce gaz a pu tuer beaucoup sur le champ, il fait encore aujourd'hui des ravages puisque plusieurs enfants sont nés de parents contaminés et se retrouvent pris avec des malformations extrêmes. Certains plans d'eau ne sont d'ailleurs pas encore décontaminés à l'heure qu'il est.

Sur une note plus joyeuse, nous avons été un soir à un buffet de glaces de style italiennes. Imaginez, un buffet où une cinquantaine de glaces différentes sont à votre disposition, à volonté! Disons qu'on aurait mieux fait de ne pas souper dans un délicieux barbeque vietnamien avant... Le buffet se déroulait un soir par mois seulement et c'était vraiment la folie furieuse. On s'est assis à une table avec un couple vietnamien et on a jasé avec eux. Après s'être défoncé l'estomac, ils nous ont proposé de nous amener voir le marché, ce qu'on a fait. Et la fille nous a même offert de nous faire visiter le lendemain avec sa cousine! C'était super, parce que ce n'est pas si facile d'établir un contact avec les gens locaux, avec la barrière de la langue, mais quand avec un peu de chance ça arrive, on découvre des gens vraiment généreux, ouverts et passionnants. Selon la coutume asiatique de l'hospitalité, ils ont même voulu tout payer partout. On a réussi malgré tout à payer de temps en temps, parce selon notre perception ce n'était vraiment pas à eux de payer pour des visites qu'on voulait faire de toute façon.

Ensuite, nous avons pris le train en direction d'Hoi An. Fait à part, dans notre compartiment une famille de quatre ont réussi à n'acheter qu'une couchette, mais le gardien ne semblait pas très prompt à la compassion. Hoi An est une ville vraiment belle (être protégé par l'Unesco ça aide), sur le bord d'une rivière, avec des bâtiments sino-japo-vietnamiens. Le soir, on peut longer la rivière où fusent les petites lanternes de toutes les couleurs. C'est tout à fait un coup de cœur pour moi, la ville et aussi l'île de Cham où on s'est rendu en tour d'une journée. On pris un bateau rapide pour s'y rendre et on a pu découvrir le village, une pagode et ensuite revenir sur l'eau pour de la plongée, afin de découvrir le fond marin de corail. Ensuite, ils nous ont laissé sur une plage presque déserte et pourtant magnifique. La vue de l'île à partir du bateau est vraiment formidable, le contraste du bleu de l'océan avec le vert de la végétation luxuriante et le blanc des rochers et du sable. On a aussi eu droit à un festin de fruits de mer et de poissons frais.

lundi 27 juin 2011

Phnom Pehn

La capitale du Cambodge! D'abord on aurait voulu se rendre à Battambang, tâter le pouls de la société rurale du Cambodge, mais comme ce n'est que le début de la saison des pluies, le bateau prend au moins 10 heures. (Il faut qu'il contourne les endroits où ce n'est pas assez creux). Et nous avions manqué le bus qui ne part que le matin. Nous avons donc décidé de prendre 5 jours pour bien explorer Phnom Penh. Sortir un peu du réseau touristique, ou, du moins, le faire en une journée et voir la ville en tant que telle les quatre autres jours.

Ici aussi, il faut bien que nous ayons lu et vu quelques trucs à propos des Khmers Rouges qui, il y a 12 ans encore, étaient une réalité ici, parce que la ville semble s'en être remise à merveille. Il ne faut pas oublier que de 1975 à 1979, tout les habitants en avaient été évacués pour aller travailler dans les champs. Aujourd'hui, les grands immeubles brillants, les ambassades et le monument de l'Indépendance sont flamboyant dans cette ville grouillante d'activités. Les odeurs, par contre, nous rappelle Bangkok sans qu'on en ait été réellement nostalgique. Arrivés, à notre guesthouse après un autobus de nuit, nous avons décidé de régler toutes nos affaires d'un coup. On envoie nos passeports se faire faire mettre le visa vietnamien (c'est rplus apide et moins cher ici à Phnom Penh que dans tout les autres pays du monde, même si le moins cher demeure Sihanoukville), on réserve un tour des attractions en tuk-tuk pour le lendemain, on mange et puis, on retourne se coucher. Une journée de lecture et de végétation qui ne vaut pas la peine d'être contée.

Le lendemain matin, on embarque dans le tuk-tuk. Rapidement, on se rend compte que nous quittons la ville. Ça ne peut vouloir dire qu'une chose, le chauffeur a décidé de commencer ça rough. En effet, on arrive à Choeng Ek (prononcez Jung Euk) le site des killing fields. C'est ici que des milliers de Cambodgiens ont été abattus, empilés et enterrés par leur propre gouvernement de 1975 à 1979, sous le régime de Pol Pot. Des ''traitres'', leurs femmes et leurs bébés, le crâne fracassés puis égorgés pour être enterrés sans aucun souvenir. La visite est pesante, on arpente les lieux dans un atmosphère oppressant qui doit ressembler à celui d’Auschwitz. Au milieu des champs, un monument de ciment a été bâti, y sont conservés les ossements des victimes. Les vitres sont ouvertes, les morceaux pourraient quasiment nous tomber dessus. Je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire. Selon les croyances bouddhistes, il vaudrait mieux incinérer ses restes pour que les esprits puissent quitter ses dépouilles et reprendre le cycle des réincarnations. Sans être croyant, je crois que cela vaudrait mieux, d'autant plus qu'en 2005, le site a été vendu par le gouvernement à une firme japonaise qui charge 2$ pour l'entrée...J'ai été surpris par le peu d'émotions que les lieux causent aux Cambodgiens. À la sortie, on cherche à vous vendre des copies de lunettes comme partout ailleurs et les enfants jouent sur leur Ipad. Il faut croire que, pour la nouvelle génération, c'est déjà une chose du passé. Pour pousser ça plus loin, une dernière anecdote. Non loin des killing fields se trouvent une galerie de tir. Nous n'y sommes pas allés mais ça vaut la peine d'en parler. On y trouve toutes les armes imaginables si l'on veut bien en payer le prix. Du pistolet au bazooka, en passant par les grenades et les fusils montés. Et pour ceux qui veulent bien payer le supplément, on peut même tirer sur une vache, des poulets et, selon une rumeur, des sans-abris volontaires, qui veulent rapporter un peu de pain.

Le tuk-tuk nous ramène en ville. On expérimente les marchés. Bien que la mondialisation apporte au Cambodge les centres commerciaux et les grandes boutiques, le marché reste la destination privilégiée des habitants. Au milieu de centaines d'échoppes entassés, des gens s'obstinent longuement sur des prix sans démordre. On vend de tout, des pneus, du shampooing, des poches de riz et des vêtement. Durant notre visite, nous avons eu la chance de voir deux marchés. Le marché russe (nettement plus touristiques, c'est là que vous trouverez des souvenirs à rapporter) et le marché Orussey (seulement des natifs s'y trouvent, un vrai bain de population)

La prochaine étape fut Tuol Sleng, ou S-21. Ancienne école avant les Khmers rouges, Tuol Sleng est devenu le centre névralgique de la torture des ''ennemis du peuple'' durant la période noire de Pol Pot. Encore ici, je ne ferai pas de grand exposé de ce qui s'y est passé, ce serait trop long. Je n'ai pas vraiment osé y prendre des photos... ( En voilà par google)Les mettre sur un blog de voyage m'aurait paru de mauvais goût... Mais il faut absolument que cette tragédie soit connue du monde. On en parle moins que la shoah, mais pourtant, les atrocités qui y ont été produites sont bien égalables. Peut-être est-ce parce que ce n'est pas des occidentaux blancs qui ont souffert ici. Peut-être est-ce parce que les criminels derrière ce régime ont été supportés par les États-Unis et la Chine jusqu'en 1998 et que la lumière n'a pas été complètement faite sur les évènements... Toujours est-il qu'à Tuol Sleng furent ''interrogés'' et torturés plus de 17 000 personnes. On cherchait à leur faire avouer des liens avec la C.I.A, le K.G.B ou le Vietnam.  Sous la torture, les gens en venait à confesser des crimes qu'ils n'avaient jamais commis. Parfois, ce n'était pas assez. Les interrogateurs voulaient entendre des choses précises. Si bien qu'il arrivait souvent que ces interrogateurs finissent par rédiger les confessions eux-mêmes, pour qu'elles répondent au gabarit demandé par le parti (qu'on y parle de la C.I.A, du K.G.B ou du Vietnam, qu'il y figure un acte de sabotage, le nom d'un supérieur de ce prétendu réseau d'infiltration ainsi que la dénonciation de ses pairs.) tout ça, pour satisfaire la paranoia croissante des membres du comité central du Parti. Informez-vous! Internet regorge de tout ce qu'il faut. Sinon, venez me voir à notre retour, j'aurai ingurgité les 4 livres que j'ai acheté sur le sujet rendu là.



Après cela, le reste des visites nous parurent fades et coûteuses. Nous ne sommes pas rentré au palais royal ni au musée national, qui nous semblaient peu intéressants, surtout que nous cherchons à économiser.

Côté restaurants et loisirs (ca me fait bizarre de changer de sujet aussi abruptement... mais puisqu'il le faut), Phnom Penh ne manque pas de choix. Un coup de coeur, le restaurant Chez Mama. (le français est encore très présent dans cette ancienne colonie). Une petite gargotte qui ressemble à toutes les autres mais où l'on retrouve des plats européens et khmers complètements exquis. Un ragoût à en faire s'incliner les bonnes mamans de ce monde. Il y a aussi un restaurant qui sert... de la POUTINE!. Le Lazy Gecko, près du Mékong. Je crois qu'avoir découvert le Saint-Graal, j'aurais été moins excité. En tout cas, je me serais moins régalé.

Pour terminer la soirée, nous sommes allés à ''The Flicks'' un petit cinéma-bar géré par un expatrié qui présente 2 ou 3 films pendant la journée. La merveilleuse salle de projection climatisée offre un écran géant et des matelas pour se coucher et regarder le film avec un bon bol de pop-corn. On recommande!

PS: J'ai découvert que je pouvais mettre notre emplacement exact avec Google Maps dans chacun de nos messages. Passionnés de géographie, vous n'avez qu'à cliquer sur le lien indiqué pays/territoire en bas des messages!

dimanche 26 juin 2011

Cambodge: Siem Reap et la cité d'Angkor

Pour se rendre au Cambodge, nous avons pris le train de 6h (ce qui veut dire debout à 4h...!). De un parce que le train était beaucoup moins cher que le bus, de deux parce que le train c'est sympathique et de trois parce qu'il y en avait seulement un à 6h et un à midi et que ce dernier nous aurait fait arrivé de nuit au Cambodge, ce qui n'était pas un bon plan.

Une fois sortis du train, nous devions prendre un tuk-tuk pour se rendre à la frontière. On avait entendu parler des arnaques, alors on lui précise qu'on veut se rendre à la vraie frontière. Il nous confirme que oui, mais malgré tout nous apporte à l'arnaque. Sur le coup, on n'était pas certain que c'était une arnaque, alors on est entré, mais l'endroit n'inspirait pas confiance. Pour nos deux visas précédents, c'était des hommes en uniforme de l'armée qui nous servaient, alors que là ils étaient habillés bien normal. En plus le style et l'ambiance de la pièce ne semblaient pas très officiels. Bref, après quelque temps on leur dit qu'on n'est pas certains que nous sommes à la bonne place et que nous préférons vérifier d'abord et ils nous laissent partir sans problème.

Après une petite marche de 5 minutes, nous voilà donc à la vraie frontière. Pas de doute pour celle-là, nous sommes bien à la bonne place. Leçon à tirer: si vous avez un moindre doute sur un endroit dans un pays reconnu pour ses arnaques, prenez le temps de vérifier d'abord! Ce coup-là nous a quand même sauvé 70$.

À l'entrée au Cambodge, on se fait offrir des tuks-tuks et des taxis de toute part. Mais comme on a entendu des histoires d'arnaque à propos d'eux aussi, on opte pour le bus. Une dernière arnaque nous attend avant le départ, les gens à la frontière vous invite à changer vos dollars US en riels cambodgiens, disant qu'on peut toujours payer avec les deux devises mais que les prix sont plus avantageux en riels. C'est simplement pour qu'on utilise leur services et qu'ils se fassent une commission. Parce que le USD est monnaie courante ici, les natifs comme les touristes l'utilisent d'abord et ne se servent que des riels pour donner le change. (1000 riels, c'est 0.25$ et comme ils n'ont que les billets américains mais aucune pièce, c'est parfait!) Pour revenir à notre autobus,, comme par magie, elle nous laisse à deux pas de la guesthouse qu'on avait préalablement choisi! Finalement, le Earthwalker, bien que vide, ne nous déçoit pas. Le personnel est super sympathique et les chambres propres quoique nous avions à les partager avec de nombreux colocataires plus ou moins dégoûtants.... Mais c'est drôle, à force d'être en Asie du Sud-Est je m'en fous pas mal maintenant.

Siem Reap, ville hautement touristique, s'est bien relevée des décénies de misères qu'a subit le Cambodge. Les investisseurs étrangers sont rentrés massivement et les routes neuves seront rapidement usées par ses autocars touristes qui vomissent un flux continu de touristes coréens et japonais. Les petites cabanes de bois ont laissé place aux imposants resorts immaculés. La rue principale, pour reprendre Dédé, est devenue une pub street qui affiche ses bières à 25 cents et ses hamburgers de crocodiles. Le soir, on vous saute dessus pour vous proposer un tuk-tuk. Une fois le tuk-tuk refusé, les chauffeurs prennent une voix digne de la parodie pour vous dire : You want ''something else''? ou encore Looking for coke my friend? quand ce n'est pas l'expéditif  ''Weed?''.

Première journée: on a visité le musée des mines. Super intéressant, c'est un musée ouvert par un ancien khmer rouge, nommé Akira (ici, tout le monde en haut de trente ans n'a pas de vrai nom, ils vivent avec des surnoms puisqu'ils sont nés avec des ''noms révolutionnaires'' et ont soit été des khmers rouges ou alors des victimes du régime, ça fait un peu curieux d'y penser en étant ici. et en jasant avec les gens, tsé ça nous fait se demander ''lui c'était une victime ou un khmer rouge?''. Ah et compte tenu de l'ampleur du régime, ils ne peuvent pas arrêter tous les khmers rouges, seulement les leaders et chefs du régime.). 

Donc voilà, cet homme a ouvert un musée des mines car il est devenu démineur après la guerre, un excellent démineur d'ailleurs puisque pendant sa période de soldat (il a reçu son premier fusil à 10 ans) il a lui-même posé nombre de ces mines. Il a également ouvert un orphelinat qui accueille principalement des enfants victimes des mines et leur offre la chance d'avoir une bonne éducation et un logis où la nourriture ne manque pas. Ces jeunes laissent donc leur famille dans l'espoir de faire un bon métier après et de pouvoir ensuite aider leur famille. L'orphelinat est financé par le musée. Je vous invite à faire un tour sur le site web et bien sûr, à faire un don si le coeur vous en dit! http://www.cambodialandminemuseum.org/menu.html

En soirée, on a eu la chance de faire un cours de cuisine cambodgienne. C'était d'autant plus le fun que partout ici il n'y  jamais de cuisine dans les auberges et qu'on ne peut jamais cuisiner. On a appris la magie des rouleaux de printemps, de la salade de feuilles de banane, de la curieuse lasagne khmer (un mélange de tortillas de riz et de curry de poulet et de légumes, le tout gratiné) et du poulet à la khmer. Pour 12$ chaque on a eu un cours de presque trois heures incluant une visite au marché et on a mangé comme des porcs.
Photo ne rendant pas l'étendue d'Angkor Wat

Le lendemain on a visité la cité d'Angkor. C'est quand même dispendieux, on doit choisir entre un jour (20$), trois jours (40$) et une semaine (60$). On a donc fait qu'un jour, mais ça valait tout de même vraiment le coup. La plupart des monuments sont des ruines (datant du IVe siècle environ), mais on le restaure tranquillement, le site ayant été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. C'est une vraie merveille pour les archéologues. Car en plus des monuments datant de l'empire du VIII et IVe siècles se trouvent enfouies (et maintenant dégagées pour certaines) des sépultures attestant une présence d'il y a plus de 4000 ans. Pour la visite on a loué des vélos, ce qui était idéal pour visiter à notre rythme et ce qui était très plaisant au soleil.

Le lendemain, on s'est retrouvé à ne pas trop savoir quoi faire. On est allé au vieux marché pour dîner et se promener, puis on est allé à un hopital pour enfant, qui fonctionne principalement avec des dons et qui soigne et opère les enfants de Siem Reap et du nord du Cambodge gratuitement. Chaque jours, ils reçoivent des centaines d'enfants, malaria, blessés par une mine, manque d'hygiène, maladies infantiles... Tout.    Ils se déplacent même dans les villages pour donner des cours et faire un suivi. Les médecins qui y vont donnent de leur temps pour former du personnel aussi. On peut faire un don d'argent, mais aussi de sang, ce qui est très apprécié puisque ces derniers dons sont plutôt rares et pourtant si nécessaires! Pour environ 1000 dons l'an dernier, seulement 200 quelques provenant de cambodgiens. Premièrement, ils sont pauvres et n'ont pas vraiment le temps de le faire et deuxièmement plusieurs partagent une croyance selon laquelle tu perds un peu de la force de ton âme ou quelque chose du genre.

C'est ce qui conclu notre visite à Siem Reap. Ah oui, j'allais oublier, le Cambodge est vraiment la place où il y a le plus de mendiants et où les plusieurs vendent leurs produits ou services de la manière la plus insistante. Il y a notamment les infirmes et les enfants, mais aussi un peu n'importe qui. C'est triste à voir et ça fait mal au coeur de les chasser, mais on croit qu'il est préférable d'offrir à différents organismes qui sauront mieux les aider que nous. 


dimanche 19 juin 2011

Monumental


Je ne sais pas ce qu'il y a de plus monumental au Myanmar. Avec notre voyage, j'ai l'impression qu'il y a deux choses. Bagan et l'hospitalité des birmans.

D'abord Bagan. Fraîchement arrivés de Mandalay à Bagan, on arrive au beau milieu de la nuit dans la ville. L'auto qui nous conduit à l'auberge arrête devant un petit cabanon où l'on réveille deux officiers. C'est que nous devons payer le droit d'entrée du site de Bagan. C'est 10 USD par tête et ça va dans les poches de la junte... Mais je crois que ça valait amplement la peine!

Bagan, c'est, comme le décrit le Lonely Planet, l'équivalent bouddhiste de toutes les cathédrales d'Europe et quelques centaines de plus réunies dans une zone grosse comme l’île de Manhattan. Ça décrit bien. Imaginez, à quelques minutes à vélo du village, vous tombez dans des plaines jalonnées de temples immenses. La formule des touristes tout-inclus et des M. Kodak n'a pas encore (trop) fait ses ravages ici, mettons ça sur le dos de l'isolement du Myanmar. Alors, ce que ça offre, c'est de longues journées à vélo, à s'arrêter n'importe où sur le bord de la route et à jouer les indiana jones avec une lampe de poche dans des temples vides, certains vieux de plus de 800 ans. C'est majestueux, grandiose, je ne trouve pas le mot. Le plus plaisant, c'est de trouver un temple de moyenne taille, délaissé et d'y monter. De là, la vue sur la pleine couverte de temples, des petits, des gros, en briques, avec un toît en or, style chinois, vieux, récents, est imprenable.

La plaine, les temples.


La ville est un peu chère. Il faut comprendre qu'elle ne vit que du tourisme et du commerce de la laque. À la sortie de la plupart des temples, un birman vous surprendra et déroulera ses peintures en sables en vous offrant les meilleurs prix. Les gens sont très pauvres au Myanmar. C'est l'un des 50 pays les plus pauvres au monde et c'est celui qui reçoit le moins d'aide internationale (2.1$ par personne par année, la moyenne est à 51$) Alors ils sont insistants, ça devient irritant, ils vous surprennent partout, vous font faire des tours des plus grands temples gratuitement puis sortent de leur bourse différents colifichets à vous vendre. Il faut les comprendre, c'est sûr. Heureusement, puisque nous avions vraiment peu d'argent (on s'est serré la ceinture durant toute la semaine, si vous venez au Myanmar, apportez beaucoup d'argent US), nous ne nous sommes pas ruinés car la qualité de l'artisanat est vraiment tentante.

À Bagan, nous avons aussi essayé pour une première fois la deuxième chose la plus monumentale du pays. À la sortie d'un restaurant, la femme d'un professeur d'anglais birman nous a invité à venir chez eux. Une petite maison bien pauvre mais fière, propre et à l'ordre. Le monsieur nous a acceuilli et pas longtemps après, sa femme nous rapportait des mangues, des bonbons et des noix pour nous empifrer. Je remarque que c'est typique des pays pauvres, on dirait que les gens qui n'ont rien sont ceux qui donnent le plus. Le monsieur ne tarissait pas de formules de politesses pour nous. Les plus longues et les plus nombreuses de ma vie. Le cliché asiatique. Un peu plus et il m'appelait ''honolable''. Ça n'a pas été long qu'ils nous invitait à revenir pour souper. Ce que nous avons fait. C'était délicieux et la dame n'y allait pas de main morte sur les portions. Elle nous a resservit 5 fois! Le monsieur, très érudit, grand lecteur et fervent bouddhiste (slon lui, nous acceuillir ainsi était son devoir de croyant), nous a renseigné sur tellement de sujets : les conditions de vie ici, le bouddhisme, un peu de politique (malgré le risque!) L'homme tire sur ses 80 ans, il est maintenant retraité, il reçoit une pension de 1000 kyats par mois (c'est environ le prix de trois bouteilles d'eau). Il doit donc trouver de l'argent en étant guide. On sentait qu'il aurait voulu qu'on le prenne qu'on guide, ou alors que l'on utilise un quelconque de ses services. Mais c'était toujours proposé indirectement, conformément à la politesse birmane. Malheureusement, nous n'avions pas l'argent pour nous permettre ça, ne serait-ce que pour l'aider. Comme si ce n'était pas assez, l'homme a organisé un espèce de programme de bourse pour que de jeunes étudiants de la campagne qui veulent continuer leurs études puissent le faire. Il est débrouillard! Par exemple, il s'est entendu avec des moines pour trouver des habitations gratuites dans des monastères. C'est après un échange de photo et de musiques (J'ai montré mon portable, ils ont montré des DVDs de musique traditionnnelle) que nous nous sommes laissés.

Nous sommes retourné à Yangon pour s'apercevoir que nos billets d'avions n'étaient pas pour le 18 mais bien pour le 19. À ce jour, on ne s'explique toujours pas comment ça a pu arrivé et comment nous ne l'avons pas remarqué... Ça nous force à abandonner la méditation en Thailande. Ce n'est que partie remise! Il nous reste quand même 80 ans à voyager... Mais plus j'en apprend sur le bouddhisme, plus ça m'intéresse. Peut-être moins la partie superstitieuse qui s'y est greffé. Mais les enseignements valent la peine que je lise plus là dessus à mon retour.

Le plus gros problème, c'est qu'on avait calculé notre budget pour revenir le 18 au matin, et non pas le 19 au soir. C'était 6 repas de plus et une nuit d'hôtel sur un budget déjà plus que serré. Encore une fois, l'hospitalité birmane est arrivée bien à point!

À notre auberge logeait un Australien d'origine birmane. Le vieux monsieur, un grincheux au grand cœur, très patriote pour sa terre d’accueil et bavard comme une pie, nous a invité à le suivre pour la journée. Il nous a amené chez sa famille d'ici, dans un bidonville en bordure de Yangon. Puisqu'il vit maintenant en Australie, l'homme a les moyens de revenir ici de temps à autres et donne un coup de pouce dès qu'il le peut à sa famille. Sa famille n'a pas grand chose, mais elle a au moins une maison solide, des médicaments et une éducation. Là aussi, nous avons été reçu comme des rois. Ça nous aura permis de voir la vie birmane de l'intérieur. Au sein de cette famille où cousins, cousines, oncle, tantes, vivent tous autour du grand-père. Le quartier n'était vraiment pas riche, mais les gens sont fiers, ils sont propres. Si bien que lorsqu'ils prennent l'autobus pour aller en ville, je crois qu'il est impossible de deviner qu'ils viennent du bidonville. Étrangement, nous avons vu des télévisions à LCD de 42 po là bas... Ça vit dans des maisons de 4 mètres carrés mais ça a de belles télévisions. Il y avait même un petit club vidéo. Une petite guérite avec des DVDs empilés.

Nous avons eu une belle visite guidée des pagodes du coin (oui, encore des pagodes... si c'était physiquement possible de faire une indigestion de pagodes je la ferais maintenant...) et, au retour, nous sommes allé avec notre vieux monsieur au magasin à grande-surface de Yangon. C'est étrange, tout y est écrit en anglais. Même si personne n'y parle un traitre mot d'anglais. C'est plus cher que dans la rue, un luxe de riche, il faut croire. Fait étrange, la section Cds, DVDs, et jeux vidéo vendait des copies vraiment évidentes. (Les pochettes imprimées avec une imprimante cheapos et les directives pour faire fonctionner le crack écrite en arrière de la boîte.) Avoir eu l'argent, j'aurais été curieux d'essayer ces jeux à 2 dollars (ça vous laisse deviner il nous restait combien)...

Nous quittons Yangon à l'instant. On retourne en Thailande une nuit puis direction Cambodge. (C'est jet-set, passer une seule nuit dans un pays, non?) On laisse un pays où l'on va très certainement revenir. Nous avons adoré ce pays, ses gens, ses merveilles.  

Deux jours en trishaw

Après avoir pris un énième autobus de nuit (c'est-à-dire sommeil mouvementé, mais économie de temps!), nous sommes arrivés à Mandalay à 5h du matin. Mandalay est probablement la ville la plus riche du myanmar, à cause des investisseurs chinois qui s'intéressent au jade et à l'or qui s'y trouvent en grande quantité.

Après une petite sieste, on sort dans la rue en quête d'une place pour faire faire notre lavage. On ne trouve pas et voilà qu'un bon samaritain parlant bien anglais nous offre son aide. Il faut savoir qu'ici au Myanmar, les gens sont très chaleureux et cherchent toujours à nous aider, seulement c'est parfois dur de se comprendre. Il nous amène donc au fin fond d'une ruelle où se trouve le commerce de lavage (fait à la main, très peu de machine au Myanmar, ainsi c'est plus dispendieux qu'en Thaïlande et au Laos). Ensuite, il nous offre ses services de guide et de conducteur de trishaw, c'est-à-dire un vélo modifié pour avoir deux sièges pour passagers.

On accepte (8000 kyats pour la journée) et finalement ça se trouve être un si bon investissement que nous le reprenons le lendemain! En effet, le gars est super sympathique, il sait somme toute très bien parler anglais malgré son accent parfois dur à comprendre et il sait pleins de trucs sur les places intéressantes à visiter. Il nous questionne sur nos intérêts et nous propose par la suite des places. Et aussi, il connaît les astuces de touristes. Comme par exemple de nous faire entrer par une porte différente pour un temple, gratuit versus 10$ à l'entrée principale. Ou encore de nous amener à un temple-copie, l'exacte copie d'un temple célèbre le prix en moins.



Sinon, on lui a fait part de notre envie de manger local (parce que c'est beaucoup plus compliqué qu'on l'aurait pensé, avec les millions de restaurants pour touristes qui sont les plus en vue) et il nous a amené dans des places supers! On a ainsi pu manger assis à terre sur des tables basses avec une dizaine de petits plats de nourriture parfaitement locale sur la table pour presque rien, comme on en rêvait depuis longtemps. La nourriture birmane est très grasse et à mon bonheur, peu épicée. Beaucoup de patates, de légumes, beaucoup de riz aussi et quelques petits morceaux de viandes marinant dans des bouillons différents. Chaque fois qu'on en mangé c'était délicieux. Vraiment meilleur à notre avis que la nourriture typiquement thai ou lao! Et c'est drôle, parce qu'il avait l'air vraiment surpris qu'on veuille aller manger dans des places birmanes... Ah et anecdote de souper: on va manger dans un restaurant shan (ethnie du nord du myanmar) et des birmans d'origine népalaise nous convient à leur table, ce qu'on s'empresse d'accepter. Ils sont super gentils et ça s'adonne qu'un d'eux se présente comme un poète déconstructiviste. Et ça finit qu'il insistent pour nous payer le repas! C'est fou, je ne m'attendais pas disons à me faire payer le repas par des birmans au cours du voyage. Vraiment, le peuple birman est un des plus généreux et chaleureux.

Au programme des deux jours : visite de plusieurs temples, dont le temple avec le plus gros livre au monde (deux cents quelques pages, mais surtout ces pages font peut-être 1,5m par 1m, les écritures ne sont pas si grosses, chaque stèle (page en pierre) est sous une obole et le tout prend beaucoup de place. 

Sous chacun de ses toîts, et il y en a encore bien d'autres, une énorme stèle montre, en pali, l'histoire bouddhique.


Sinon on a aussi vu un temple des copies, où on a tenté de reproduire en miniature tous les plus célèbres monuments religieux du Myanmar. Aussi, un temple (Mahamuni) avec un énorme Bouddha tout recouvert de vrai or (le Myanmar est un très gros producteur d'or). On a d'ailleurs visité un fabrique de feuilles d'or, qu'ils utilisent pour recouvrir les statues. On s'est promené dans une fabrique de jade également. On a monté Mandaly Hill, 230m au dessus de la plaine, une très belle vue qui vaut les marches à monter nus pieds!

On est allé sur l'heure du midi le lendemain à un énorme monastère où on a besoin de bénévoles. Comme les moines ne peuvent rien acheter, ni rien demander, c'est aux gens de l'extérieur de venir sur l'heure du midi pour leur offrir la nourriture. Nous étions en charge d'un panier de bananes. On pensait prendre ça relaxe, mais finalement ça roulait assez vite merci! Si on ne suffisait pas à la tâche, certains d'entre eux passaient sans avoir leurs fruits. C'est que les moines ne sont pas supposés s'arrêter. Quoique certains malcommodes ralentissaient clairement devant les stations de nourriture. Mais il faut les comprendre, c'est leur dernier repas de la journée!

Ensuite, nous sommes allés au pont Bein, pont de bois de 1.2km (le plus long fait en teak) vieux de deux cents ans. Splendide paysage! La mer est vraiment belle, c'était paradisiaque. On l'a marché tranquillement. En revenant du pont, un de nos pneus a crevé. Ça nous a ainsi donné l'occasion d'essayer les vrais bus de ville(où on est entassé comme des sardines, rien de comparable avec les bus du RTC aux heures de pointe...) accompagnés de notre guide (c'est que c'est impossible d'y aller par nous-mêmes, il faudrait déjà connaître les trajets et tout se dit en birman). De retour à l'hôtel, le temps qu'il aille changer son pneu, nous décidons d'aller manger une crème glacée. Mauvaise idée, ce n'était pas fameux... Surtout celle à Pier-André, au durian, c'est-à-dire le fruit qui empeste. Il a eu le pauvre (en fait, j'écopais aussi) mauvaise haleine jusqu'au lendemain matin malgré toute tentative de sa part de se la rafraîchir.


Yangon baby gone


Le Myanmar, c'est tellement différent. On est loin du confort de la thailande, encore plus loin du confort du Québec. C'est des visages indiens, népalais, chinois, bamars, shan, karen, kachin, mais aucun visage blanc. Un dépaysement total. C'est à ça que je pensais en marchant hors de notre auberge, jusqu'à ce que j'entende un jeune indien chanter ''Baby'' de Justin Bieber. C'est pas mal venu interrompre ma rêverie, disons...





Yangon, c'est le chaos. C'est la capitale sans l'être. Les ambassades sont là, le cash est là, 50 millions de personnes, y vivent. Mais les dirigeants du pays, sur les conseils d'un devin, ont déménagé la capitale du jour au lendemain. Le downtown de la ville est sale. La population est hétéroclite. Il faut savoir qu'il y a des stupas bouddhistes à tout les coins de rue, sinon, c'est une mosquée, un temple hindou, une église baptiste, catholique, ou une synagogue. C'est le lieu où l'on comprend mieux pourquoi le nom complet du Myanmar est ''Union du Myanmar''. Avec la diversité ethnique qu'il y a ici, les bamars, l'ethnie principale avec son 62% de la population du pays, et les autres peuples doivent s'unir. Certaines nations ont leur propre état auto-géré et leur propre armée. La junte essaie de faire tenir ça comme ils peuvent avec plus ou moins de succès. Là où la population se rejoint, c'est dans le port du Longyi. Hommes et femmes portent pour la plupart une espèce de jupe faite d'un morceau de tissu enroulé comme on s'enroule une serviette autour de la taille après la douche. Ça fait drôle, tout ses hommes en jupes. Les femmes se rejoignent aussi par le tanaka. Le tanaka c'est une espèce de poudre de bois mouillé dont les femmes s'enduisent le visage. Ça fait un maquillage mais ça tient surtout le rôle de crème solaire (qui ne disparaît pas après application.) C'est drôle de voir ces hommes qui portent des jupes avec des t-shirts modernes et ses femmes habillées on ne peut plus normalement (peut être un peu plus conservativement que les filles du Québec, on voit moins de peau) avec cette espèce de maquillage tribal.

Le Myanmar, pendant la colonisation anglaise, a vu des vagues massives d'immigrants indiens (les lieutenants des anglais) et de chinois (les marchands amis des anglais). Si bien que le birman métissé qu'on croise au coin de la rue, avec ses yeux bridés, sa peau noire et sa forte carrure est bien loin de ressembler aux habitants des autres pays d'Asie du Sud-Est. À Yangon, le fantôme de la colonie anglaise n'est pas bien loin. Les gens du centre-ville s'entassent dans les énormes bâtiments coloniaux noircis, qui tombent en ruines. On dirait une ville recyclée. Recyclée comme ses vieux autobus qui datent de la deuxième guerre mondiale et ses vieux pick-ups pleins à craquer, on remplit la boîte avec une quinzaines de personne et on met des gens sur le toiit de la cabine. La pauvreté est tangible. Mais les sourires des gens, parfois chaleureux, parfois curieux (ils ne voient pas des blancs à tout les jours) sont toujours au rendez-vous. Ça fait du bien. La Thaïlande, c'est un peu froid. Ça sourit quand il y a de l'argent à faire, le Laos aussi, bien qu'on n'y soit pas vraiment resté assez longtemps pour faire un portrait fidèle. On vend n'importe quoi n'importe où. Tout ça, c'est bien différent du nord de la ville. Le territoire des ONGs et des diplomates, emmitouflés dans leurs énormes villas protégées par des murailles et des barbellés où l'on ne rencontre personne dans les rues.

On ne sent pas trop le caractère autoritaire de la junte ici. Si ce n'est que l'absence totale de guichets automatiques (ce sera pareil à travers tout le pays, on garde l'oeil sur nos cennes!) parce que le pays n'a pas d'ententes avec les banques internationales et le fait qu'il n'y a pas vraiment de musées. Je m'attendais à quelque chose de nettement plus Orwellien, ça m'a un peu désarçonné lorsque les douaniers nous ont accueilli avec le sourire (à l'heure de la rédaction, je peux dire qu'on sent plus le régime à Mandalay, une banderole au slogan troublant, un wagon de prisonniers qui nous font des bye-bye. C'est une ville où l'on prend son temps à marcher. Et où une simple chose comme changer de l'argent en argent local (kyat, on prononce tchiatte) devient une aventure. Ici. Il faut arriver avec des dollars américains et attention, pas n'importe lesquels, seulement de beaux billets ultra-neufs! Le moindre coin plié, la plus infime tâche, la plus minime déchirure est une prétexte pour se faire refuser de changer un billet. Et je n'exagère pas du tout. En revanche, les kyats qu'on reçoit, eux, ont vu l'enfer et en sont revenus. Le kyat est la monnaie la plus ridicule que nous avons vu jusqu'à maintenant. Le plus gros billet, 1000 kyat, vaut 1,30$. Alors il faut toujours payer avec d'énormes tas. Comme si ce n'était pas assez, les billets de 1000 ont été fait en deux formats, l'ancien format est long d'un pied à peu près, et le nouveau est d'un format heureusement plus commun. Ça vous fait des piles assez désordonnés. Les birmans sont habitués à la monnaie stupide. L'ancien dictateur a changé, le jour de son 75ième anniversaire, les billets du temps (1, 10, 25, 50, 100, 1000) pour de nouveaux billets de 1, 35, 45, 75 kyats. Où sont passés les 100 et les 1000$? Plus bons, du jour au lendemain! Une mesure socialiste pour ramener les riches au niveau de la classe moyenne... Ne Win, le chef, a refait le coup plus tard, avec des billets de 30, 60 et 90. Après, le peuple l'a chassé. On comprendra pourquoi...


Un billet assez gros pour servir de couverte
S'il y a une chose qu'il faut voir à Yangon, c'est la Shwedagon Paya. Un temple magnifique. On pourrait penser, comme Marie-Pier (et moi aussi, je l'admet) : ''Ah! Encore un temple...'' Mais celui-là éclipse les autres. Il est couvert d'or. Ça brille de partout. Difficile à expliquer, faut le voir pour le croire. Je vous en laisse quelques photos.

Nous avons marché à travers plusieurs autres temples. Il serait inutile de les énumérer tous. Je ne reviens tout simplement pas de la foi des gens ici. Tant de temples, tant d'or quand les gens qui y viennent vivent avec moins de 2 dollars par jour. Ici, les temples revêtent un aspect communautaire. On y vient pour faire ses devoirs, pour dormir, pour lire le journal en fumant des cigarettes et bien sûr, pour prier. C'est comme un espace de calme à travers la ville où l'on peut venir faire ce qu'on veut.

Côté restaurants, on s'est permis un petit resto italien non loin de l'ambassade du dit pays. C'était plus cher que la moyenne de nos repas, mais les carbonnaras saumon fumés et les ariabiattas étaient divins. On repassera plus tard pur la nourriture traditionnelle birmane (à l'heure de la rédaction du texte, on s'est gâté à Mandalay dans la nourriture bamar et shan, c'est délicieux et surtout vraiment pas cher!)

Après deux jours à Yangon (il n'y a pas grand chose à faire ici) on quitte en autobus pour Mandalay, l'ancienne capitale royale et le fief des investisseurs chinois, des marchands de gemmes et des caïds de l’héroïne!

Adios Laos, tok tok Bangkok, Myanmar sur le tard


Voici un message qui aurait normalement du en être deux ou trois, vous excuserez notre paresse, on dirait que de ne pas finir le message de Phonsavahn nous a poussé à ne pas écrire.Même Marie-Pier, qui est présentement déterminée à apprendre l'espagnol une leçon par jour, se relâche un peu. Mais bon, on voyage et on aurait pas grand chose à écrire si on passait notre temps à écrire sans vivre. Je vous écris sur Word puisque les internets du Myanmar sont peu hospitaliers.

Nous avons quitté Phonsavahn de nuit dans un autobus plutôt inconfortable. Des travailleurs-immigrants chinois qui mettent de la musique toute la nuit, un espace pour s'assoir très restreint et des bosses, des bosses et encore des bosses. La nuit a été longue. Surtout qu'on faisait des arrêts bizarres dont un pour manger. Je veux bien croire que c'était inclus avec notre billet mais qui a le goût de manger des nouilles à 1h30 du matin? Surtout lorsqu'on est pas sur le party, et surtout pas quand on est Marie-Pier et qu'on a mal au cœur en auto.

Bon an, mal an, nous sommes arrivés à Vientiane, la capitale du Laos. Capitale c'est un bien grand mot pour un pays de 2 millions d'habitants dont 80% vivent en dehors des villes. C'était peut-être la taille de rivière du loup, mais avec des maisons coloniales mal entretenues et une saleté modérée qui donne une impression de grandeur. C'est une ville simple à naviguer, une rareté en terre sud-est-asiatique.Un peu patates, nous n'avons pas fait grand chose des deux jours passés à Vientiane. Nous ne sommes même pas allés à Phat That Luang (ça se prononce bien Patate Longue) la fierté du Laos couverte de feuilles d'or. C'était éloigné de la ville et puis, on la voit partout sur les billets et les posters, de toute manière...

Vientiane a plutôt été pour nous l'occasion de faire le plein de bonne nourriture européenne. Étant donné son passé de ville coloniale française, Vientiane a de nombreuses petites patisseries qui servent d'excellents sandwiches et paninis. Je recommande d'ailleurs le Bagueton. Nous avons aussi mangé dans un dé-li-cieux restaurant Japonais nommé Osaka. Il n'y avait pas que des sushis (Pier-André : Beeeuurrg, Marie-Pier : Miam!)au menu, mais heureusement de délicieuses côtelettes de porc panées, du poulet, bref, nous adorons la cuisine japonaise. Nous espérons bien ne pas en être désillusionné. Car nous le sommes un peu de la cuisine thai et de la cuisine laotienne. Comprenez bien, c'est bon, très bon, mais on dirait que les restaurants asiatiques du Québec font quelque chose de meilleur (c'est peut être qu'ils sont adaptés à notre palet) et que surtout, ça devient très répétitifs. Du riz, du riz et des oeufs, des nouilles, des currys. Les spécialités laotiennes que nous avons essayé, elles, n'étaient pas superbes non plus. Avant de quitter Vientiane, nous avons mangé un steak (au restaurant Le Provencal, tenu par un chef français) et il était BON! Sachez que ça relève du miracle (en fait il a simplement été importé, nous disait le menu), car le bœuf, ici, est très très semelle de botte. Les gens d'ici ne sont pas habitués de manger du bœuf et donc ne savent probablement pas le préparer ou le couper.

Ma description de notre péripétie à Vientiane ne serait pas complète sans vous parler du musée national de Vientiane. C'est un beau petit musée (selon les standards sud-est asiatiques puisque les musées ici sont très souvent sous-financés) qui prend peut-être deux heures à visiter. On y retrace l'histoire du Laos de la préhistoire (du déjà-vu) à l'époque contemporaine en passant par les guerres des royaumes (C'est mieux), aux guerres d'Indochine (Intéressant), et à la guerre-secrète au Laos (ÇA ça vaut le coup) Après plein de sculptures de Bouddha et autres, vous arrivez dans ses salles où les murs sont couverts de photos dont les légendes vous semblent sorties d'une parodie de la guerre froide. Je cite des légendes de manière exacte :

-Les colonialistes français imposent un traitement cruel aux pauvres laotiens
-Les impérialistes américains distribuent des armes à leurs fantoches.
-Vang Pao, souriant, avec ses fantoches devant les cadavres de braves soldats du Pathet Lao
On retrouve des armes dans tout les coins des salles et il y en a, comme le dit le Lonely Planet, assez pour équiper tout les figurants d'un film de Rambo. Encore plus drôle, on retrouve de nombreuses vitrines où sont exposés des articles ayant (supposément) servi au camarade Kayson. (Le gars sur les billets de Kips et celui qui a servi à remplir le rôle de personnalité culte au Laos) On trouve de tout, des pistolets, passe toujours, mais des morceaux de pantalons et un bout de bois qui aurait fait parti d'un lit sur lequel il aurait dormi de tel mois à tel mois, c'est un peu fort. Et pourtant, de l'autre côté de la rue, devant le musée, une chaîne de bar laitiers américaine vend des petits sundaes avec le star and stripe flag. Les gens de Vientiane ont la mémoire courte. C'est peut être parce qu'eux, contrairement au gens de la campagne, ont terminé de piler sur des bombes américaines. Malgré le fait que l'exposition est disons légèrement intéressée, elle n'en demeure pas moins très intéressante et permet de développer une base solide sur l'histoire du Laos.

De Vientiane, on peut aisément retourner en Thailande, un train financé par l'Australie, le Lao-Thai Friendship bridge, passe par dessus le Mékong et est équipé d'une douane. De là, on saute dans un autre train qui mène de Nong Khai à Bangkok. Il faut magasiner à Vientiane pour trouver le meilleur prix. Pour le même service, les billets peuvent varier de 300-500 bahts. (10-15$). J'ai toujours préféré prendre le train pour voyager. On a un lit et on peut bien dormir. Même si cette fois, c'était plutôt rock n' roll. Je ne suis pas sûr que le train est resté collé aux rails tout le long de la nuit.

À Bangkok pour une journée, nous n'avons pas fait grand chose. En soirée par contre, nous nous la sommes joué jet-set. Rien de moins que le Vertigo. Un bar sur le toit (60ième étage!!) de l'hôtel Manyan Tree. Un palace ultra-luxueux. La vue était imprenable! On voyait Bangkok l'énorme, la désordonnée, la pas-si-belle, sous toute ses coutures. Et nous étions là, deux petits péquenauds mal-habillés qui commandent un verre d'eau et un jus de canneberges, (pour 15$) parmis les complets et leurs martinis. C'est surprenant, ça a beau être très cher 15$ pour ça, mais au Québec, pour un bar du même calibre, ça serait peut être 30$ non?.



En passant, on vous avait dit que le roi était vénéré en Thailande, hein? Une petite preuve comme ça. Si je vous disais qu'ils diffusent ça sur écran géant à l'aéroport... http://www.youtube.com/watch?v=RJ9JkwwlzP8&feature=related

Ce matin, nous avons pris notre avion pour Yangon à la dernière minute. Ne plus jamais se dire qu'une heure 30 c'est assez pour aller à l'aéroport. Surtout celui de Bangkok. Il a fallu que des employés nous fasse couper la file et qu'on court partout. Nous n'avons pas attendu une seule seconde, c'est sûr, mais c'est gênant de couper 400 personnes... Le monde appartient vraiment aux retardataires... J'imagine qu'il y a des gens qui font exprès de faire ça pour ne pas attendre...

À l'attérissage, ma tête au sinus bloqués de bord en bord a voulu exploser. Sensation la plus extrême de ma vie. Je n'ai jamais eu aussi mal. Je m'engage à préférer annuler un vol à l'avenir qu'y aller avec les sinus bloqués. Jusqu'à il y a 30 minutes, je n'entendais plus rien de l'oreille gauche. Ah... l'éternel souffrance que c'est, le voyage!

lundi 6 juin 2011

Luang Prabang et Phonsavhan (anciennement appelée Xieng Khouang)

Avant de se coucher, dans notre petite guest house de Luang Prabang, on a vu une affiche annonçant que les étrangers parlant anglais sont les bienvenus à la séance quotidienne du matin à la big mouse house, petite librairie où on enseigne et apprend l'anglais sous forme de discussion principalement.

On se réveille toutefois un peu à la dernière minute et nous sommes alors à la course pour trouver cette librairie introuvable. Personne ne semble savoir où c'est lorsqu'on le demande sur notre chemin... Ou c'est peut-être notre accent. Plusieurs personnes parlent un peu d'anglais en ville, mais l'accent est difficile à comprendre, pour eux comme pour nous. Malgré tout, on réussit tout de même à arriver pile à l'heure.

L'atelier était assez relaxe. C'était une longue table où chacun conservait tranquillement. Je ne sais pas ce qu'ils attendaient exactement de nous, mais ce qu'on a fait était principalement de converser avec eux, et parfois de leur apprendre de nouveaux mots. Fait intéressant, un jeune lao a remarqué mon accent français et m'a dit qu'il voulait vraiment apprendre le français, mais qu'il n'avait pas de moyen de le faire là-bas. Alors j'ai finalement passé la majorité de la séance à lui apprendre le français, plutôt qu'à apprendre l'anglais aux autres. Je lui disais des phrases et des mots qu'on utilise fréquemment, lui apprenant la traduction anglaise et leur prononciation. Il semblait très enjoué d'apprendre cette langue, alors ça m'a fait d'autant plus plaisir de l'aider. 

Le soir, on voulait manger à un bon restaurant et nous avons finalement atterri au Laolao Garden. La place était vraiment magnifique. C'était un restaurant complètement à l'extérieur, au milieu d'un jardin couvert de végétation et en pente. Aussi, les tables étaient éclairées aux chandelles, ce qui contribuait grandement à créer cette atmosphère décontractée. La nourriture par contre était presque mauvaise, à la limite du correcte disons, mais peut-être y avait-il de meilleurs choix sur le menu. Des québécois près de nous avaient pris un BBQ, qu'on pourrait comparer à de la raclette, sans le four du dessous et sans le fromage

Le lendemain matin, direction Phonsavhan! Comme nous sommes partis au Laos sur un coup de tête, le temps est limité et on doit rapidement changer de ville. Brève capsule sur la conduite: Ici plusieurs chauffeurs conduisent comme des fous (d'après nos standards du moins) et les routes sont toutes en zigzags. Bref, si vous avez moindrement tendance à avoir l'estomac sensible (genre comme moi), je vous conseille vivement d'apporter des gravols (comme je n'ai pas fait, puisqu'au Québec je n'en ai pas besoin depuis mes 10 ans peut-être). Et des sacs en plastique peuvent également être pratiques (expérience vécue). Sinon notre chauffeur de minivan était fou dans le sens qu'il jetait tous ses déchets par la fenêtre en pleine nature luxuriante et dans le sens qu'il semblait pas mal se foutre qu'il y ait des animaux sur notre chemin. On a d'ailleurs écrasé un chien, probablement mort à l'heure qu'il est.

Côté Phonsavhan, nous sommes venus ici pour visiter les fameuses Plaines des jarres. Il s'agit de plaines pleines de jarres géantes qui dateraient de 2000 ans et dont personne ne sait avec certitude la raison de leur existence. Une des hypothèses, celle des légendes lao, est que ce serait des paysans qui auraient construit ces jarres pour les emplir de vin de riz en vue de célébrer une victoire de leur roi. Une autre hypothèse, celle d'une archéologue françaises, malheureusement décédée avant d'avoir publié sa recherche, est que ces jarres auraient été construites pour recueillir les cendres des morts. Seulement trois pages de sa recherche ont été retrouvées.



Se rendre à ces sites était bien intéressant, quoique les tours nous apportent à trois de ces sites, alors qu'après en avoir vu un on a compris le principe. Néanmoins les paysages étaient superbes, alors ça en valait le coup je crois, ne serait-ce que pour avoir la chance de les admirer. Nous nous sommes aussi arrêtés dans un village où on produit du whisky local, appelé Lao Lao. C'est un couple de personnes âgées qui assure la production depuis qu'ils ont 17 ans. On nous a fait goûter au riz qui a tout juste commencé à fermenter et aussi, malgré qu'il était 10h AM, à du whisky pur, 50% d'alcool. Moi qui croyait m'en sauver avec un shooter, belle erreur! Le guide a trouvé des prétextes pour nous en faire boire trois, invoquant la nécessité de célébrer notre moitié (ou futur moitié) ou encore de célébrer le fait qu'on était heureux d'être là... Comme ça aurait été impoli de refuser, Pier-André et moi nous sommes retrouvés légèrement éméchés à 10h du matin.

Phonsavhan, c'est aussi prendre conscience de cette calamité que sont les munitions non-explosées. Si on parle beaucoup et fort de la guerre du Vietnam et du conflit des khmers rouges du Cambodge, on reste silencieux quant à la guerre secrète du Laos. Pour faire une histoire courte, les américains ont lancés environ deux millions de tonnes de bombes sur le Laos (dont 30% n'ont pas explosées à l’atterrissage), principalement dans la région où nous nous trouvons ainsi que dans le sud. Où nous sommes, c'est-à-dire Xieng Khouang, c'était dans le but de contrer le régime communiste du Pathet Lao qui prenait place. Mais on a tout de même bombardé sans distinction les villages, les fermes et les camps militaires. Le tout avec une sorte de bombes qui ne sont bonnes qu'à tuer des gens et non à détruire des tanks ou des bases militaires... Aussi, si ces bombes ont fait quantité de dommages durant la guerre, elles sont encore aussi dangereuses, car elles peuvent exploser à tout moment, au simple contact avec elles. Ainsi, ce sont des milliers de personnes qui chaque année meurent d'une explosion ou en ressortent gravement blessées. C'est parfois des enfants qui jouent, des fermiers qui voulaient déficher un peu plus de terre ou, finalement, des chasseurs de métaux. Certaines personnes sont réduites à essayer d'ouvrir des bombes pour en retirer la poudre explosives et les pièces de métal afin de se faire un petit peu d'argent... C'est fou ce que la misère peu pousser à faire.... Un organisme à but non-lucratif, le Mines Advisory Group, cherche à aider la population du Laos dans leur destructions des munitions non-explosées. Bien sûr, MAG ne peut pas espérer nettoyer le Laos en entier, la tâche est titanesque. Ainsi, ils se concentrent sur des zones dont le nettoyage aura une influence directe sur la qualité de vie des villageois. Par exemple, un site où l'on voudrait bâtir un aqueduc, un champ de fermier, une route achalandée. Parce qu'on retrouve encore des bombes dans les arbres, dans les cours d'écoles, et ce, à tout les jours.




vendredi 3 juin 2011

Les eaux du Laos

Voilà notre premier accès à internet depuis le début de notre traversée épique de la Thailande au Laos. Trois jours, un jour en mini-van, un jour des douanes à la ville-dortoir de Prabank en bateauet un dernier jour, aujourd'hui, de croisière.

Le chemin s'est très bien fait. La route est bien rodée. Il n'aura fallu que payer à Chiang Mai pour se faire charier à travers tout les transports et être logés et nourris. Nous avions peur de nous faire avoir mais cette offre-groupée (qui incluait les repas, la première nuit à l'hôtel de la frontière, la mini-van et le slowboat) coutait moins cher que d'acheter le tout séparément.

En allant vers la frontière, nous sommes arrêté à Chiang Rai, le temps d'une pause-pipi. L'endroit était bien choisi. L'étrange temple Wat Rong Khun. Différent de tout ce qui se fait d'autre en matière de temple thailandais. Ce temple tout blanc expose des statues de prédateur (oui, oui, ceux dans Alien) et les mosaiques intérieures exposent un apocalypse ou Bouddha rencontre Spider Man, Kung Fu Panda et Darth Vader. Pour ne nommer que ceux-là. Je crois que c'est sensé représenter les tentations du monde moderne. On apprend sur Wikipedia que la construction du temple a été entamée en 1997 et qu'il n'est toujours pas terminé. C'est bizarre, on dirait que ça ne passe pas dans ma tête qu'un temple puisse être récent. J'ai le préjugé qu'ils sont tous ancestraux. Pourtant, la foi thailandaise, elle, n'a jamais vraiment vieilli.

Après une nuit dans un confortable petit resort sans nom. (On s'attendait à vraiment pire d'un hotel fourni dans une offre-groupée Chiang Mai-Luang Prabang) nous avons traversé la TERRIBLE FRONTIERE LAO. En fait, y'a rien là. On arrive à la frontière, on donne son passeport et son argent (c'est beaucoup moins cher en USD qu'en THB .étrangement, de toutes les nationalités, la nationationalité canadienne est celle qui coute le plus cher pour avoir le visa...), ils vous collent un joli visa (à force d'avoir des visas qui prennent une page complète, mon passeport va se remplir bien vite) qu'ils remplissent ensuite au crayon feutre... C'est tout, pas d'inspection, pas de fouille, mes rêves orwelliens d'un régime totalitaire partent en fumée (J'ose encore espérer qu'ils interceptent ce message, mais les connexions internets vont très bien ici... Beaucoup mieux qu'en Chine.. Ce qui me laisse croire que l'internet est pas trop filtré. Je m'attendais à plus d'un pays communiste depuis 1976 Pathet_Lao Je voulais vous mettre un page sur leur équivalent de ''Mao'' mais bizarrement, Wikipedia ne me laisse pas l'afficher. Ouh!! On a la censure!

(Bulle historique, pour ceux que ça intéresse seulement :Si on explique vite le communisme au Laos, (vous en aurez plus de substance ici). Ça n'a été communiste que par coalition. Il faut savoir que le peuple laosien est à la fois géographiquement et ethnologiquement éparpillé (il y a 112 ethnies indigènes au Laos, la plus grande n'est même pas majoritaire, avec environ 30%). Chacune de ses tribus vit de manière autarcique, avec ses propres chefs. Il n'y avait pas de classe prolétarienne à proprement parler. Déjà là, le marxisme ne fonctionne pas fort fort. Le seul conflit était en fait contre l'élite colonialiste française et encore là, plusieurs la croyait nécessaire pour se protéger du Cambodge et de la Thailande. Seulement, après la deuxième guerre mondiale, après que le Japon ait quitté le Laos, l'indochine (principalement le vietnam avec Ho Chi Minh et plus tard le Cambodge avec les Khmers Rouges) s'est mise à s'écrouler. Le laos a vu que pauvre comme il était, il ne pourrait pas se débarrasser de l'élite sans avoir l'aide du Vietnam déjà unifié communiste. C'est ainsi que l'élite communiste pro-Vietnam (principalement de l'ethnie la plus grande au Laos) avec ses contacts puissants s'est hissée au pouvoir en promettant un gouvernement modéré avec des individus supposément modérés tout en éjectant les chefs des autres ethnies des fonctions principales. Plus tard, le gouvernement s'est avéré moins modéré que prévu et on s'est aperçu que les dirigeants ne faisaient qu'un avec l'aile communiste radicale pro-vietnamienne. Le problème pour l'élite dirigeante, c'est que le Laos est collé sur la Thailande, alors lorsqu'ils ont voulu collectiviser les récoltes (et commencer à être un peu socialiste, pour la forme, puisque c'était tendance chez leurs voisins), les fermiers n'ont eu qu'à aller vendre leur stock l'autre côté de la rivière, en Thailande (capitaliste). Le Laos a longtemps boudé la Chine par ordre du Vietnam (même entre communistes, on ne s'entend pas toujours très bien... C'est l'histoire d'un conflit entre la Chine et le Vietnam à propos du Cambodge) mais de nos jours, le pays, extrêmement pauvre a calmé ses ardeurs idéologiques et reprend de l'aide de partout où il peut en trouver (Chine, États-Unis et même la France) )

La Thailande derrière nous, le Laos devant nous et voilà notre première impression: ''Ouin, bin, c'est pas mal pareil...''

En effet,  la langue se ressemble extrêmement beaucoup. Je comprends pourquoi ils disent que ce sont deux dialectes... Même l'écriture se ressemble, le Lao semble seulement plus épuré. À part ça, les quelques faucilles et marteaux, l'absence des portraits du ro (en Thailande, impossible de faire plus de 50 mètres dans un quelconque lieu civilisé sans Le voir) le Laos jusque là était une copie de la Thailande. Faudra lui laisser le temps de se démarquer.

On prend le slowboat. On nous explique que la traversée, sur le Mékong, prendra 2 jours, 8 heures le premier jour et 10 heures le deuxième jour avec une escale à Pakbeng. Une ville qui ne vit que pour héberger les gens qui prennent le slowboat. C'est fou, toutes les bâtisses sont des hotels. On offre des repas pour emporter (sur le bateau) partout. Sur le quai, les enfants se jettent sur vous pour vous amener à leur hotel, la compétition est féroce. Nous aurions pu prendre le speedboat et faire le même trajet en 6 heures!! Sans escale. Vous l'aurez deviné, le speedboat, c'est 12 personnes dans des bateaux conçus pour 6, sans compter les bagages, à toute vitesse et c'est sensé d'être illégal tellement il y en a qui ont coulé... On a préféré la sécurité et le loisir d'observer le Mékong. On en aura aussi profité pour faire de la lecture. Les bords du Mékong sont vierges. Faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de gens au Laos... Le peu de population fait que la nature reste là intact. Et la population est encore très jeune, en effet, la moyenne d'âge, selon le Lonely Planet, est de 19 ans. Ça fait bizarre, dans les restaurants, dans les magasins, sur le bateau, tout le monde a notre âge. Les personnes agées sont rarissimes. 80% des laotiens vivent en dehors des villes, dans des petits villages de 3-4 familles. Ce qui fait que les mauvais aspects de la civilisation n'ont pas encore vraiment touché le pays... Je ne crois pas que ça va durer très longtemps. La Chine pousse dans le dos de ce petit frère pour qu'il se modernise.

Enfin arrivés à Luang Prabang, on est dirigé vers une petite auberge proprette ou le personnel juvénile très gentil nous a apporté en scooter. J'aime Luang Prabang, c'est espacé, c'est léger, Ça fait changement des villes surchargées de Thailande, mais je l'ai dit, le Laos est très peu peuplé... Je me sens bien ici parce que j'ai l'impression de pouvoir y entrer, m'y intéresser. J'avais l'impression que la Thailande, c'était un espèce de grand resort, qui n'avait pas beaucoup à me dire et qui faisait tout seulement pour me divertir. Les bars, les sorties, l'ambiance festive partout. Nous n'avons passés q'une soirée à Luang Prabang et pourtant, en visitant le marché nocturne (On a d'ailleurs dépensé 1 million ce soir!!! de kips...), en marchant dans les rues, j'avais l'impression d'être vraiment en train de découvrir quelque chose.... À suivre!

Pier-André

mardi 31 mai 2011

Trek 2 hyper trek

Nous voilà revenus de notre deuxième trek. Celui-ci d'une durée de 3 jours une nuit et un peu plus éprouvant que le dernier. Disons qu'il était moins bien organisé,  que les guides étaient moins badass et un peu moins amicaux. (Notre guide se promenait nu ventre en espèce de boxers en fumant des clopes... come on...) Et que Marie-Pier a passé deux jours à être malade. Disons que son estomac a fait connaissance avec la flore bactérienne thailandaise. La pauvre, l'estomac constamment dans les talons, devait marcher  des 4-5 heures dans les montagnes. Les hauts et les bas des côtes reflétaient l'état de son énergie.

Le trek avait le mérite d'être un peu plus authentique. Nous couchions dans de véritables villages (quand on parle de villages, on parle encore de 4-5 maisons au fond de la jungle) avec des tribus qui ne parlent pas thai et qui fument de l'opium dans leur coin. La balade en éléphant, plutôt que sur un terrain vague comme la précédente, se déroulait au milieu de la jungleé Les éléphants n'avaient pas de conducteurs et se rendaient tranquillement vers le bout du chemin, en se permettant des détours dans le bois, pour manger du bambou, en ne pensant guère plus à nous sur leur dos qu'on peut penser à un sac à dos lorsqu'on marche. Attention à l'arbre! Le rafting sur un radeau de bambou était guidé par nous même, c'était du sport.



Sinon, nous avons fait le trek accompagnés par 3 anglais à l'accent très fort, super sympathiques et malcommodes. L'un d'eux vient en Thaïlande au 4 mois depuis 3 ans et s'y connaît pas mal. Ils nous a appris beaucoup sur la face cachée du pays. Celle qui ne s'ouvre pas à nous au premier regard. Par exemple, il a des amis ladyboy. À ce sujet, si vous pensiez que la Thailande était douce et ouverte avec ses transgenres, détrompez-vous. Ils sont le sujet numéro un des blagues et des insultes. Nos blagues de ''fifs'' ou de ''tapettes'' les accottent à peine. Aussi, comme ils ne peuvent pas changer de sexe légalement, leur apparence les empêche de quitter le pays. Quand t'as des seins et tout l'appareil féminin et que ton passeport dit masculin... C'est dur pour le douannier de te prendre au sérieux. Pourquoi y'en a-t'il tant en Thailande? Parce que de un, être simplement gay en Thailande est un phénomène récent. Aimer les hommes veut dire dans la psyché thailandaise que tu es une fille. Autant tout changer! La deuxième raison, c'est parce que dans les familles pauvres qui n'ont pas de filles on transforment un des fils en fille pour qu'il puisse se prostituer et rapporter de l'argent à la famille... Ouin... Boff. La discrimination envers les ladyboy (gatooie en Thai) est très grande, et la prostitution est pas mal le seul travail qu'ils trouvent.

Notre ami anglais connaît aussi les spots ou la loi devient plus floue. Il paraît qu'au Cambodge, on peut payer 300$ pour tirer un missile bazooka sur une vache ou 600 dollars pour avoir le droit de tirer une balle de pistolet à travers une foule de sans-abris volontaires qui courent... C'est pas le lonely planet qui va t'apprendre ça... Amateur de la chose, il connaît les endroits au la guerre anti-drogue de 2003 n'est pas encore passée et se débrouille très bien en Thai. Il m'a appris quelques notions.¸

Hier soir, nous sommes allés manger dans un dé-li-cieux restaurant. C'était rempli à craquer de Thai. La formule est pourtant simple. Je me demande pourquoi ça n'existe pas à Québec. À chaque table un petit poele à raclette est disposée. On s'assoit après avoir choisi des petits bacs de viande (on paie du bac) et on fait cuire sa viande.

Le monastère n'a plus de place avant que nous ne partions pour le Myanmar.... Mais c'est le truc que Marie-Pier voulait le plus faire... Ainsi, on change nos plans. Ça devient plus en zigzag. Nous reviendrons en Thailande por la méditation. D'ici, là, tant qu'à être à Chiang Mai, à côté (3 jours de route, un jour de bus, la douane, 2 jours de bateau) du Laos. Nous irons y faire une saucette en attendant notre avion birman! Je ne sais pas si nous pourrons réécrire d'ici Luang Prabang, dans 3 jours.

vendredi 27 mai 2011

Premier trek du voyage (et certainement pas le dernier!)

Bonjour à tous, nous revenons d'un trek de deux jours dans le Nord de Chiang Mai. Ah, deux petits jours seulement et on a tant fait et découvert! D'abord, le guide et le chauffeur viennent nous chercher à 9h30 à notre hotêl. Ils avaient dit 8h30, mais ici les retards sont coutumes. On s'est donc inquiété pour rien ce matin,, vaudrait mieux s'y faire tout de suite, sinon on n'a pas fini de s'inquiéter je suppose...

Première rencontre avec notre guide: à première vue je sens déjà qu'on va l'adorer. Son air badass et son écureuil de compagnie ont surement contribué à lui donner un air sympathique. Oui, vous avez bien lu, il avait un écureuil de compagnie. Sur lui! Attaché à sa chemise avec une petite corde.Et attaché à lui d'autres manières; cet homme nous a dit qu'il faisait des treks en pleine forêt 30 jours pour un jour de congé. Faut aimer son métier! Aussi, il se surnommait Abba, et sur son sac le deuxième b était inversé, comme le groupe. Sinon, son côté badass se reflétait à travers son sac d'armée, sa position de Snipers dans l'armée dans sa jeunesse sa machette attachée sur sa hanche, mais surtout son attitude. Un vrai survivor! Lors de la randonnée (4h de marche en montagne à peu près), il nous a donné plein de trucs sur comment survivre dans la forêt de Thaïlande. Ils nous a fait mangé à peu près tous les fruits et herbes qu'on a croisé qui s'avéraient comestibles. Dans ceux qu'on reconnaissait se trouvait entre autre des avocats et des lichis. Il nous pointait les trucs et disait à tout moment  «this you can eat and you will survival». Au début de la marche, il a aussi gossé des bâtons de marche en bambou pour nous les filles (nous étions 3 filles, 3 gars) avec sa machette. Il a également gossé un chapeau dans un feuille de je ne sais quel arbre pour celle des filles qui n'avait pas de couvre-chef. Il nourrissait également son écureuil tout au long du chemin. Il nous dit que c'était une bonne chose d'avoir un animal avec soi en forêt, comme ça si tu trouves un fruit que tu n'es pas certain de pouvoir manger, tu le donnes à l'animal et lui ne va le manger que s'il est comestible.
Notre guide et son écureuil

Sinon, juste avant de commencer le trek, nous sommes arrêtés visiter la tribu des long neck karen. C'était tout de même une curiosité de voir des gens qui vivent encore aujourd'hui avec de telles coutumes. Les femmes de ces tribus s'ajoutent des colliers chaque année, de sorte que leurs cous prennent des proportions énormes. Sauf que pour nous qui s'attendaient à visiter leur tribu nous avons été un peu déçus. Car en fait nous ne visitions pas leur tribu, mais bien leurs petits stands fakes. Fakes dans le genre qu'elles mimaient de confectionner elles-mêmes les nombreux foulards qu'elles vendaient, alors que chacun des stands possédait les exactes mêmes modèles. Pour l'authenticité on repassera! Mais en même c'est triste voir que tous les treks et tous les tours proposent de voir cette tribu, ça doit être gossant pour eux. Et ça ressemble plus à une exposition qu'à un village. On se demande ce qui a pu les amener là. Il  paraît que ce serait parce qu'étant une tribu, ils n'ont pas la citoyenneté et ne peuvent pas travailler, ce qui les amèneraient donc à devoir vendre leur culture...

Sinon, on a dormi le soir dans des petites huttes. Pour la simplicité et l'authentique, là on y était! On dormait sans matelas, à même le plancher d'une petite cabane surélevée, sans porte d'entrée, et à moitié sur la terre ferme. On avait tout de même des couvertures (propres?) et des toiles anti-moustiques (pour protéger de la malaria). Et les petites filles de la communauté sautaient à la corde à danser en chantant, c'était cute à voir. Sinon les poules se mêlaient au chats et au chiens, et étaient tous d'une maigreur effroyable. La ribambelle était d'ailleurs tout autour de nous lors des repas, prêts à bondir pour un simple morceau de pain...

Un chaton miniature maxi-mignon!
Sinon la journée d'aujourd'hui à été riche en activités! Nous ne savions même pas que nous avions tout cela d'inclus... En gros, on a fait une ballade sur des éléphants, on a pris un radeau de bambou pour descendre une partie de la rivière (mieux que l'amazone à Valcartier comme décor), on a fait de la tyrolienne et finalement du rafting en rapides! Rappelons-nous que l'ensemble du trek, repas inclus nous a coûté l'équivalent de 50$. On se demande comme ils arrivent à payer tout le monde, allant du guide de trek au chauffeur, en plus des différents guides d'activité. Chacune des activités était super en son genre. Monter sur un éléphant c'était impressionnant. D'ailleurs je les ai flatté et ils sont vraiment rugueux. Sinon le radeau-bambou était vraiment zen, dans un décor enchanteur. La tyrolienne était juste débile! Il devait y avoir une vingtaine d'étapes, certaines plus grosses que d'autres, certaines qui descendaient à 90 degrés et la finale au dessus de la rivière où on était attaché par le dos, les mains à l'air libre (d'habitude les mains sur notre ganse), conseillé de faire les tarzans pour les gens sur les radeaux en bas. Sinon le rafting était super aussi, bien qu'après toutes ces activités on était fatigués et peu convaincus d'en faire plus. Finalement un coup sur l'eau on a trippé!



Marie-Pier, qui vous conseille vivement de regardé du côté des treks lors de vos prochains voyages!

mercredi 25 mai 2011

Chiang Mai

C'est par un bus de nuit semi confortable que nous avons quitté Ayutthaya pour aller vers Chiang Mai. Chiang Mai était la capitale du nord de la Thailande. Il faut savoir que la Thailande n'a pas toujours été unifiée. Le nord, s'appelait jadis le royaume de Lanna. D'ailleurs, les gens du nord ne parlent pas le même Thai que les gens de Bangkok. Leur dialecte n'est même pas compréhensible pour les gens du sud qui ne l'ont pas appris. Un peu comme le mandarin et le cantonais en Chine. Chiang Mai a toujours été une ville orientée vers l'extérieur, avant, c'était une plaque tournante du commerce avec la Birmanie et la Chine puisqu'elle est au nord.

Après qu'elle ait été envahi par les Birmans puis abandonnée, elle est revenu sous la forme d'un centre touristique où les backpackers se rejoingnent avant de partir en randonnée dans la jungle qui n'est pas très loin d'ici. La ville est donc remplie de milliers d'auberges (souvent dans les mêmes prix, mais ce qu'on vous y offre diffère grandement), de restaurants d'agence de voyage qui se vantent de faire les visa le plus rapidement et d'entreprises de guide de trek, de cours de cuisine etc, etc... Il en ressort une population orientée vers le négoce, comme à Bangkok, qui cherche toujours à vous extirper une cenne de plus. Si on a de la chance, on tombe sur certaines personnes plus authentiques comme cet homme que nous avons rencontré sur le parvis d'un temple qui prend le temps de discuter avec le sourire près de vous sans chercher à vous revendre un tour ou un cours. Ça ressemble à Lijiang ou à Yangshuo en Chine. Ça porte à se questionner sur l'impact du tourisme. Est-ce que c'est bon, est-ce que c'est mauvais. Oui, ça a propulsé la ville (on parle d'un métro en 2015) et la qualité de vie des habitants mais en même temps, on dirait que ça corrompt les gens, que ça les pousse à refouler leur authenticité pour devenir des machines à argent. J'imagine que c'est un peu égoiste de ma part de vouloir des gens authentiques mais moins riches...

Assommés par notre voyage de nuit, l'autobus nous mène dans une auberge (C'était tout calculé) Nous étions sûr que c'était une arnaque, mais pourtant, les prix semblaient raisonnables, et la chambre, bien que pas très proprette. somme toute correcte. Avoir su que pour le même prix, nos autres amis québécois avaient eu un magnifique hotel, très propre et très joli, ou le personnel est on ne peut plus gentil, nous n'aurions probablement pas pris 2 nuits au Nice Place Hotel, à 300 bahts la nuit, avec son propriétaire au sourire louche, constamment en train de nous ''suggérer'' des activités qu'il pouvait nous arranger (moyennnant un certain coût, bien sûr) Mais bon! Au moins, on avait une piscine (les autres québécois aussi, mais n'y pensons plus...)

Nous avons passé la plus grande partie de notre temps à Chiang Mai à manger, dormir, se baigner et réserver nos treks dans la nature. Nous partons ce matin pour 2 jours, nous revenons un jour et nous repartons pour 3 jours. Ne vous surprenez donc pas si nous ne sommes pas très loquaces durant ce temps, nous ne sommes pas morts, du moins, jusqu'à preuve du contraire.

Nous sommes aussi allés au Tiger Kingdom, un gros point touristique. C'est cher environ 15 dollars minimum, mais, combien de fois dans votre vie avez vous touché un tigre dans sa cage? Le prix varie selon le type de tigre que vous voulez flatter. Les bébés coûtent le plus cher et les gros le moins cher. (Est-ce que c'est le risque de se faire manger la tête qui diminue proportionnellement le prix?)



Bon, on vous laisse. On doit finir de se préparer pour le trek. Nous allons marcher, faire de la tyrolienne,  rencontrer des tribus (j'espère que ça ne sera pas trop du genre ''zoo humain'') et faire de l'éléphant! À bientôt!

dimanche 22 mai 2011

Ayutthaya, enfin de l'air!

Ah comme il a fait bon de sortir de Bangkok, cette grosse ville polluée! Nous sommes arrivés hier après-midi dans cette sympathique petite ville, Ayutthaya.  Ayutthaya, ce fût la deuxième capitale de la Thaïlande (il y en eu 4, Bangkok l'est depuis 200 ans). Encore aujourd'hui, elle est ponctuée ici et là de vieille ruines du temps passé. Que l'on peut explorer. Pour quitter Bangkok, nous avons pris le skytrain (le réseau est très efficace ici, les enfants l'utilisent tous) pour se rendre à la station d'autobus Mo Chit. Prendre le skytrain à Bangkok était intéressant puisque ça nous permettait de mieux voir l'entiereté de la ville, alors que nous n'en avions visité qu'une petite partie durant nos quatre jours. La ville est constituée presque exclusivement d'énormes édifices. Ceux-ci sont disparates, ce qui donne donc un mélange de toutes sortes de bâtiments les uns à côté des autres. Mais l'ensemble est tout de même agréable à la vue.

Nous préférons néanmoins Ayutthaya, puisque nous avons de base une préférence pour les plus petites villes, plus tranquilles et pleine d'air frais à respirer. Donc, première journée et en descendant de l'autobus, nous prenons un tuk-tuk, direction la guest house que nous avions spotté dans le lonely planet: Sherwood Guesthouse, tenu par un anglais. Pour 6$ chaque par nuit, nous partageons une charmante petite chambre juste pour nous deux, avec piscine à l'extérieur. Une piscine ici c'est pas du luxe! Ou si, c'en est... Les gens ici ont très rarement accès à une piscine, même dans les hôtels elles se font rares. Et pourtant on tourne en ce moment autour de 42'C ressenti, et ça va aller en empirant. Il paraît que plus on va au Nord et plus il fait chaud, nous allons justement visiter le Nord sous peu. Autre différence, en montant vers le Nord, les gens ne parlent presque plus anglais. À Bangkok on était gâté là-dessus, mais maintenant on doit être un peu plus imaginatif, usant de mimes et d'un charabia d'anglais-français-thaï.

Aussitôt nos sacs dans la chambre, on a sauté dans la piscine pour se rafraîchir, et après nous sommes sortis pour souper. On traverse la rue et que voyons nous? Un groupe d'éléphants et leurs dompteurs!! Ici ça avait l'air plutôt banal. Seuls semblaient s'en émerveiller les enfants. Et nous.



Aujourd'hui, nous avons loué des vélos à la guest house. Quel plaisir! Ça me manquait tant de faire du vélo et voilà qu'on en fait en Thaïlande. On s'est promené tranquillement, en allant voir les ruines de temples ainsi que simplement des petites routes de campagne.

Ruines de la vieille Ayutthaya
Parlons maintenant de la chaleur. On chiale beaucoup au Québec à cause de froid et on adore l'été et son beau temps, mais il faut savoir que la chaleur peut aussi avoir ses inconvénients. Ici, du moins. C'et comme une canicule continue, qui ne s'arrête jamais. On transpire beaucoup, on doit s'acheter de l'eau constamment et en grande quantité. Pas question de boire l'eau du robinet, polluée. De toute façon une bouteille de 1.5L coûte 50 cents environ. Le pire c'est de gaspiller toutes ces bouteilles de plastiques, qu'ils ne recycle même pas. Côté peau, je me croirais au secondaire, avec tout l'acné sur le visage de Pier-André. J'ai eu quelques plaques d'eczéma pour ma part sur les bras. Et tous deux on s'en est tiré avec de beaux coups de soleil...

Dernier point, coup de coeur de la guesthouse où nous sommes. Le propriétaire et sa femme ont une très mignonne petite fille et hier soir j'avais tenté de l'amadouer, sans succès. Ce soir elle s'est dégênée et a décidé qu'on devenait les meilleures amies, me prenant par sa petite main et m'amenant partout avec elle, tout sourire.

La petite Johanne