lundi 6 juin 2011

Luang Prabang et Phonsavhan (anciennement appelée Xieng Khouang)

Avant de se coucher, dans notre petite guest house de Luang Prabang, on a vu une affiche annonçant que les étrangers parlant anglais sont les bienvenus à la séance quotidienne du matin à la big mouse house, petite librairie où on enseigne et apprend l'anglais sous forme de discussion principalement.

On se réveille toutefois un peu à la dernière minute et nous sommes alors à la course pour trouver cette librairie introuvable. Personne ne semble savoir où c'est lorsqu'on le demande sur notre chemin... Ou c'est peut-être notre accent. Plusieurs personnes parlent un peu d'anglais en ville, mais l'accent est difficile à comprendre, pour eux comme pour nous. Malgré tout, on réussit tout de même à arriver pile à l'heure.

L'atelier était assez relaxe. C'était une longue table où chacun conservait tranquillement. Je ne sais pas ce qu'ils attendaient exactement de nous, mais ce qu'on a fait était principalement de converser avec eux, et parfois de leur apprendre de nouveaux mots. Fait intéressant, un jeune lao a remarqué mon accent français et m'a dit qu'il voulait vraiment apprendre le français, mais qu'il n'avait pas de moyen de le faire là-bas. Alors j'ai finalement passé la majorité de la séance à lui apprendre le français, plutôt qu'à apprendre l'anglais aux autres. Je lui disais des phrases et des mots qu'on utilise fréquemment, lui apprenant la traduction anglaise et leur prononciation. Il semblait très enjoué d'apprendre cette langue, alors ça m'a fait d'autant plus plaisir de l'aider. 

Le soir, on voulait manger à un bon restaurant et nous avons finalement atterri au Laolao Garden. La place était vraiment magnifique. C'était un restaurant complètement à l'extérieur, au milieu d'un jardin couvert de végétation et en pente. Aussi, les tables étaient éclairées aux chandelles, ce qui contribuait grandement à créer cette atmosphère décontractée. La nourriture par contre était presque mauvaise, à la limite du correcte disons, mais peut-être y avait-il de meilleurs choix sur le menu. Des québécois près de nous avaient pris un BBQ, qu'on pourrait comparer à de la raclette, sans le four du dessous et sans le fromage

Le lendemain matin, direction Phonsavhan! Comme nous sommes partis au Laos sur un coup de tête, le temps est limité et on doit rapidement changer de ville. Brève capsule sur la conduite: Ici plusieurs chauffeurs conduisent comme des fous (d'après nos standards du moins) et les routes sont toutes en zigzags. Bref, si vous avez moindrement tendance à avoir l'estomac sensible (genre comme moi), je vous conseille vivement d'apporter des gravols (comme je n'ai pas fait, puisqu'au Québec je n'en ai pas besoin depuis mes 10 ans peut-être). Et des sacs en plastique peuvent également être pratiques (expérience vécue). Sinon notre chauffeur de minivan était fou dans le sens qu'il jetait tous ses déchets par la fenêtre en pleine nature luxuriante et dans le sens qu'il semblait pas mal se foutre qu'il y ait des animaux sur notre chemin. On a d'ailleurs écrasé un chien, probablement mort à l'heure qu'il est.

Côté Phonsavhan, nous sommes venus ici pour visiter les fameuses Plaines des jarres. Il s'agit de plaines pleines de jarres géantes qui dateraient de 2000 ans et dont personne ne sait avec certitude la raison de leur existence. Une des hypothèses, celle des légendes lao, est que ce serait des paysans qui auraient construit ces jarres pour les emplir de vin de riz en vue de célébrer une victoire de leur roi. Une autre hypothèse, celle d'une archéologue françaises, malheureusement décédée avant d'avoir publié sa recherche, est que ces jarres auraient été construites pour recueillir les cendres des morts. Seulement trois pages de sa recherche ont été retrouvées.



Se rendre à ces sites était bien intéressant, quoique les tours nous apportent à trois de ces sites, alors qu'après en avoir vu un on a compris le principe. Néanmoins les paysages étaient superbes, alors ça en valait le coup je crois, ne serait-ce que pour avoir la chance de les admirer. Nous nous sommes aussi arrêtés dans un village où on produit du whisky local, appelé Lao Lao. C'est un couple de personnes âgées qui assure la production depuis qu'ils ont 17 ans. On nous a fait goûter au riz qui a tout juste commencé à fermenter et aussi, malgré qu'il était 10h AM, à du whisky pur, 50% d'alcool. Moi qui croyait m'en sauver avec un shooter, belle erreur! Le guide a trouvé des prétextes pour nous en faire boire trois, invoquant la nécessité de célébrer notre moitié (ou futur moitié) ou encore de célébrer le fait qu'on était heureux d'être là... Comme ça aurait été impoli de refuser, Pier-André et moi nous sommes retrouvés légèrement éméchés à 10h du matin.

Phonsavhan, c'est aussi prendre conscience de cette calamité que sont les munitions non-explosées. Si on parle beaucoup et fort de la guerre du Vietnam et du conflit des khmers rouges du Cambodge, on reste silencieux quant à la guerre secrète du Laos. Pour faire une histoire courte, les américains ont lancés environ deux millions de tonnes de bombes sur le Laos (dont 30% n'ont pas explosées à l’atterrissage), principalement dans la région où nous nous trouvons ainsi que dans le sud. Où nous sommes, c'est-à-dire Xieng Khouang, c'était dans le but de contrer le régime communiste du Pathet Lao qui prenait place. Mais on a tout de même bombardé sans distinction les villages, les fermes et les camps militaires. Le tout avec une sorte de bombes qui ne sont bonnes qu'à tuer des gens et non à détruire des tanks ou des bases militaires... Aussi, si ces bombes ont fait quantité de dommages durant la guerre, elles sont encore aussi dangereuses, car elles peuvent exploser à tout moment, au simple contact avec elles. Ainsi, ce sont des milliers de personnes qui chaque année meurent d'une explosion ou en ressortent gravement blessées. C'est parfois des enfants qui jouent, des fermiers qui voulaient déficher un peu plus de terre ou, finalement, des chasseurs de métaux. Certaines personnes sont réduites à essayer d'ouvrir des bombes pour en retirer la poudre explosives et les pièces de métal afin de se faire un petit peu d'argent... C'est fou ce que la misère peu pousser à faire.... Un organisme à but non-lucratif, le Mines Advisory Group, cherche à aider la population du Laos dans leur destructions des munitions non-explosées. Bien sûr, MAG ne peut pas espérer nettoyer le Laos en entier, la tâche est titanesque. Ainsi, ils se concentrent sur des zones dont le nettoyage aura une influence directe sur la qualité de vie des villageois. Par exemple, un site où l'on voudrait bâtir un aqueduc, un champ de fermier, une route achalandée. Parce qu'on retrouve encore des bombes dans les arbres, dans les cours d'écoles, et ce, à tout les jours.




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