dimanche 19 juin 2011

Adios Laos, tok tok Bangkok, Myanmar sur le tard


Voici un message qui aurait normalement du en être deux ou trois, vous excuserez notre paresse, on dirait que de ne pas finir le message de Phonsavahn nous a poussé à ne pas écrire.Même Marie-Pier, qui est présentement déterminée à apprendre l'espagnol une leçon par jour, se relâche un peu. Mais bon, on voyage et on aurait pas grand chose à écrire si on passait notre temps à écrire sans vivre. Je vous écris sur Word puisque les internets du Myanmar sont peu hospitaliers.

Nous avons quitté Phonsavahn de nuit dans un autobus plutôt inconfortable. Des travailleurs-immigrants chinois qui mettent de la musique toute la nuit, un espace pour s'assoir très restreint et des bosses, des bosses et encore des bosses. La nuit a été longue. Surtout qu'on faisait des arrêts bizarres dont un pour manger. Je veux bien croire que c'était inclus avec notre billet mais qui a le goût de manger des nouilles à 1h30 du matin? Surtout lorsqu'on est pas sur le party, et surtout pas quand on est Marie-Pier et qu'on a mal au cœur en auto.

Bon an, mal an, nous sommes arrivés à Vientiane, la capitale du Laos. Capitale c'est un bien grand mot pour un pays de 2 millions d'habitants dont 80% vivent en dehors des villes. C'était peut-être la taille de rivière du loup, mais avec des maisons coloniales mal entretenues et une saleté modérée qui donne une impression de grandeur. C'est une ville simple à naviguer, une rareté en terre sud-est-asiatique.Un peu patates, nous n'avons pas fait grand chose des deux jours passés à Vientiane. Nous ne sommes même pas allés à Phat That Luang (ça se prononce bien Patate Longue) la fierté du Laos couverte de feuilles d'or. C'était éloigné de la ville et puis, on la voit partout sur les billets et les posters, de toute manière...

Vientiane a plutôt été pour nous l'occasion de faire le plein de bonne nourriture européenne. Étant donné son passé de ville coloniale française, Vientiane a de nombreuses petites patisseries qui servent d'excellents sandwiches et paninis. Je recommande d'ailleurs le Bagueton. Nous avons aussi mangé dans un dé-li-cieux restaurant Japonais nommé Osaka. Il n'y avait pas que des sushis (Pier-André : Beeeuurrg, Marie-Pier : Miam!)au menu, mais heureusement de délicieuses côtelettes de porc panées, du poulet, bref, nous adorons la cuisine japonaise. Nous espérons bien ne pas en être désillusionné. Car nous le sommes un peu de la cuisine thai et de la cuisine laotienne. Comprenez bien, c'est bon, très bon, mais on dirait que les restaurants asiatiques du Québec font quelque chose de meilleur (c'est peut être qu'ils sont adaptés à notre palet) et que surtout, ça devient très répétitifs. Du riz, du riz et des oeufs, des nouilles, des currys. Les spécialités laotiennes que nous avons essayé, elles, n'étaient pas superbes non plus. Avant de quitter Vientiane, nous avons mangé un steak (au restaurant Le Provencal, tenu par un chef français) et il était BON! Sachez que ça relève du miracle (en fait il a simplement été importé, nous disait le menu), car le bœuf, ici, est très très semelle de botte. Les gens d'ici ne sont pas habitués de manger du bœuf et donc ne savent probablement pas le préparer ou le couper.

Ma description de notre péripétie à Vientiane ne serait pas complète sans vous parler du musée national de Vientiane. C'est un beau petit musée (selon les standards sud-est asiatiques puisque les musées ici sont très souvent sous-financés) qui prend peut-être deux heures à visiter. On y retrace l'histoire du Laos de la préhistoire (du déjà-vu) à l'époque contemporaine en passant par les guerres des royaumes (C'est mieux), aux guerres d'Indochine (Intéressant), et à la guerre-secrète au Laos (ÇA ça vaut le coup) Après plein de sculptures de Bouddha et autres, vous arrivez dans ses salles où les murs sont couverts de photos dont les légendes vous semblent sorties d'une parodie de la guerre froide. Je cite des légendes de manière exacte :

-Les colonialistes français imposent un traitement cruel aux pauvres laotiens
-Les impérialistes américains distribuent des armes à leurs fantoches.
-Vang Pao, souriant, avec ses fantoches devant les cadavres de braves soldats du Pathet Lao
On retrouve des armes dans tout les coins des salles et il y en a, comme le dit le Lonely Planet, assez pour équiper tout les figurants d'un film de Rambo. Encore plus drôle, on retrouve de nombreuses vitrines où sont exposés des articles ayant (supposément) servi au camarade Kayson. (Le gars sur les billets de Kips et celui qui a servi à remplir le rôle de personnalité culte au Laos) On trouve de tout, des pistolets, passe toujours, mais des morceaux de pantalons et un bout de bois qui aurait fait parti d'un lit sur lequel il aurait dormi de tel mois à tel mois, c'est un peu fort. Et pourtant, de l'autre côté de la rue, devant le musée, une chaîne de bar laitiers américaine vend des petits sundaes avec le star and stripe flag. Les gens de Vientiane ont la mémoire courte. C'est peut être parce qu'eux, contrairement au gens de la campagne, ont terminé de piler sur des bombes américaines. Malgré le fait que l'exposition est disons légèrement intéressée, elle n'en demeure pas moins très intéressante et permet de développer une base solide sur l'histoire du Laos.

De Vientiane, on peut aisément retourner en Thailande, un train financé par l'Australie, le Lao-Thai Friendship bridge, passe par dessus le Mékong et est équipé d'une douane. De là, on saute dans un autre train qui mène de Nong Khai à Bangkok. Il faut magasiner à Vientiane pour trouver le meilleur prix. Pour le même service, les billets peuvent varier de 300-500 bahts. (10-15$). J'ai toujours préféré prendre le train pour voyager. On a un lit et on peut bien dormir. Même si cette fois, c'était plutôt rock n' roll. Je ne suis pas sûr que le train est resté collé aux rails tout le long de la nuit.

À Bangkok pour une journée, nous n'avons pas fait grand chose. En soirée par contre, nous nous la sommes joué jet-set. Rien de moins que le Vertigo. Un bar sur le toit (60ième étage!!) de l'hôtel Manyan Tree. Un palace ultra-luxueux. La vue était imprenable! On voyait Bangkok l'énorme, la désordonnée, la pas-si-belle, sous toute ses coutures. Et nous étions là, deux petits péquenauds mal-habillés qui commandent un verre d'eau et un jus de canneberges, (pour 15$) parmis les complets et leurs martinis. C'est surprenant, ça a beau être très cher 15$ pour ça, mais au Québec, pour un bar du même calibre, ça serait peut être 30$ non?.



En passant, on vous avait dit que le roi était vénéré en Thailande, hein? Une petite preuve comme ça. Si je vous disais qu'ils diffusent ça sur écran géant à l'aéroport... http://www.youtube.com/watch?v=RJ9JkwwlzP8&feature=related

Ce matin, nous avons pris notre avion pour Yangon à la dernière minute. Ne plus jamais se dire qu'une heure 30 c'est assez pour aller à l'aéroport. Surtout celui de Bangkok. Il a fallu que des employés nous fasse couper la file et qu'on court partout. Nous n'avons pas attendu une seule seconde, c'est sûr, mais c'est gênant de couper 400 personnes... Le monde appartient vraiment aux retardataires... J'imagine qu'il y a des gens qui font exprès de faire ça pour ne pas attendre...

À l'attérissage, ma tête au sinus bloqués de bord en bord a voulu exploser. Sensation la plus extrême de ma vie. Je n'ai jamais eu aussi mal. Je m'engage à préférer annuler un vol à l'avenir qu'y aller avec les sinus bloqués. Jusqu'à il y a 30 minutes, je n'entendais plus rien de l'oreille gauche. Ah... l'éternel souffrance que c'est, le voyage!

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