lundi 27 juin 2011

Phnom Pehn

La capitale du Cambodge! D'abord on aurait voulu se rendre à Battambang, tâter le pouls de la société rurale du Cambodge, mais comme ce n'est que le début de la saison des pluies, le bateau prend au moins 10 heures. (Il faut qu'il contourne les endroits où ce n'est pas assez creux). Et nous avions manqué le bus qui ne part que le matin. Nous avons donc décidé de prendre 5 jours pour bien explorer Phnom Penh. Sortir un peu du réseau touristique, ou, du moins, le faire en une journée et voir la ville en tant que telle les quatre autres jours.

Ici aussi, il faut bien que nous ayons lu et vu quelques trucs à propos des Khmers Rouges qui, il y a 12 ans encore, étaient une réalité ici, parce que la ville semble s'en être remise à merveille. Il ne faut pas oublier que de 1975 à 1979, tout les habitants en avaient été évacués pour aller travailler dans les champs. Aujourd'hui, les grands immeubles brillants, les ambassades et le monument de l'Indépendance sont flamboyant dans cette ville grouillante d'activités. Les odeurs, par contre, nous rappelle Bangkok sans qu'on en ait été réellement nostalgique. Arrivés, à notre guesthouse après un autobus de nuit, nous avons décidé de régler toutes nos affaires d'un coup. On envoie nos passeports se faire faire mettre le visa vietnamien (c'est rplus apide et moins cher ici à Phnom Penh que dans tout les autres pays du monde, même si le moins cher demeure Sihanoukville), on réserve un tour des attractions en tuk-tuk pour le lendemain, on mange et puis, on retourne se coucher. Une journée de lecture et de végétation qui ne vaut pas la peine d'être contée.

Le lendemain matin, on embarque dans le tuk-tuk. Rapidement, on se rend compte que nous quittons la ville. Ça ne peut vouloir dire qu'une chose, le chauffeur a décidé de commencer ça rough. En effet, on arrive à Choeng Ek (prononcez Jung Euk) le site des killing fields. C'est ici que des milliers de Cambodgiens ont été abattus, empilés et enterrés par leur propre gouvernement de 1975 à 1979, sous le régime de Pol Pot. Des ''traitres'', leurs femmes et leurs bébés, le crâne fracassés puis égorgés pour être enterrés sans aucun souvenir. La visite est pesante, on arpente les lieux dans un atmosphère oppressant qui doit ressembler à celui d’Auschwitz. Au milieu des champs, un monument de ciment a été bâti, y sont conservés les ossements des victimes. Les vitres sont ouvertes, les morceaux pourraient quasiment nous tomber dessus. Je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire. Selon les croyances bouddhistes, il vaudrait mieux incinérer ses restes pour que les esprits puissent quitter ses dépouilles et reprendre le cycle des réincarnations. Sans être croyant, je crois que cela vaudrait mieux, d'autant plus qu'en 2005, le site a été vendu par le gouvernement à une firme japonaise qui charge 2$ pour l'entrée...J'ai été surpris par le peu d'émotions que les lieux causent aux Cambodgiens. À la sortie, on cherche à vous vendre des copies de lunettes comme partout ailleurs et les enfants jouent sur leur Ipad. Il faut croire que, pour la nouvelle génération, c'est déjà une chose du passé. Pour pousser ça plus loin, une dernière anecdote. Non loin des killing fields se trouvent une galerie de tir. Nous n'y sommes pas allés mais ça vaut la peine d'en parler. On y trouve toutes les armes imaginables si l'on veut bien en payer le prix. Du pistolet au bazooka, en passant par les grenades et les fusils montés. Et pour ceux qui veulent bien payer le supplément, on peut même tirer sur une vache, des poulets et, selon une rumeur, des sans-abris volontaires, qui veulent rapporter un peu de pain.

Le tuk-tuk nous ramène en ville. On expérimente les marchés. Bien que la mondialisation apporte au Cambodge les centres commerciaux et les grandes boutiques, le marché reste la destination privilégiée des habitants. Au milieu de centaines d'échoppes entassés, des gens s'obstinent longuement sur des prix sans démordre. On vend de tout, des pneus, du shampooing, des poches de riz et des vêtement. Durant notre visite, nous avons eu la chance de voir deux marchés. Le marché russe (nettement plus touristiques, c'est là que vous trouverez des souvenirs à rapporter) et le marché Orussey (seulement des natifs s'y trouvent, un vrai bain de population)

La prochaine étape fut Tuol Sleng, ou S-21. Ancienne école avant les Khmers rouges, Tuol Sleng est devenu le centre névralgique de la torture des ''ennemis du peuple'' durant la période noire de Pol Pot. Encore ici, je ne ferai pas de grand exposé de ce qui s'y est passé, ce serait trop long. Je n'ai pas vraiment osé y prendre des photos... ( En voilà par google)Les mettre sur un blog de voyage m'aurait paru de mauvais goût... Mais il faut absolument que cette tragédie soit connue du monde. On en parle moins que la shoah, mais pourtant, les atrocités qui y ont été produites sont bien égalables. Peut-être est-ce parce que ce n'est pas des occidentaux blancs qui ont souffert ici. Peut-être est-ce parce que les criminels derrière ce régime ont été supportés par les États-Unis et la Chine jusqu'en 1998 et que la lumière n'a pas été complètement faite sur les évènements... Toujours est-il qu'à Tuol Sleng furent ''interrogés'' et torturés plus de 17 000 personnes. On cherchait à leur faire avouer des liens avec la C.I.A, le K.G.B ou le Vietnam.  Sous la torture, les gens en venait à confesser des crimes qu'ils n'avaient jamais commis. Parfois, ce n'était pas assez. Les interrogateurs voulaient entendre des choses précises. Si bien qu'il arrivait souvent que ces interrogateurs finissent par rédiger les confessions eux-mêmes, pour qu'elles répondent au gabarit demandé par le parti (qu'on y parle de la C.I.A, du K.G.B ou du Vietnam, qu'il y figure un acte de sabotage, le nom d'un supérieur de ce prétendu réseau d'infiltration ainsi que la dénonciation de ses pairs.) tout ça, pour satisfaire la paranoia croissante des membres du comité central du Parti. Informez-vous! Internet regorge de tout ce qu'il faut. Sinon, venez me voir à notre retour, j'aurai ingurgité les 4 livres que j'ai acheté sur le sujet rendu là.



Après cela, le reste des visites nous parurent fades et coûteuses. Nous ne sommes pas rentré au palais royal ni au musée national, qui nous semblaient peu intéressants, surtout que nous cherchons à économiser.

Côté restaurants et loisirs (ca me fait bizarre de changer de sujet aussi abruptement... mais puisqu'il le faut), Phnom Penh ne manque pas de choix. Un coup de coeur, le restaurant Chez Mama. (le français est encore très présent dans cette ancienne colonie). Une petite gargotte qui ressemble à toutes les autres mais où l'on retrouve des plats européens et khmers complètements exquis. Un ragoût à en faire s'incliner les bonnes mamans de ce monde. Il y a aussi un restaurant qui sert... de la POUTINE!. Le Lazy Gecko, près du Mékong. Je crois qu'avoir découvert le Saint-Graal, j'aurais été moins excité. En tout cas, je me serais moins régalé.

Pour terminer la soirée, nous sommes allés à ''The Flicks'' un petit cinéma-bar géré par un expatrié qui présente 2 ou 3 films pendant la journée. La merveilleuse salle de projection climatisée offre un écran géant et des matelas pour se coucher et regarder le film avec un bon bol de pop-corn. On recommande!

PS: J'ai découvert que je pouvais mettre notre emplacement exact avec Google Maps dans chacun de nos messages. Passionnés de géographie, vous n'avez qu'à cliquer sur le lien indiqué pays/territoire en bas des messages!

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